Perception des Togolais sur l’influence des puissances étrangères : Afrobarometer révèle une vision critique de la France

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Par René DOKOU, le 05 Avril 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Les résultats de la deuxième dissémination de l’enquête Afrobarometer au Togo, rendus publics récemment, offrent une analyse précieuse sur les perceptions des citoyens vis-à-vis de l’influence étrangère sur leur pays. Parmi les points saillants, il ressort que plus de la moitié des Togolais jugent l’influence de la France négative, une tendance qui semble se renforcer parmi certains groupes sociaux. Les résultats dudit sondage révèlent également une forte prévalence du harcèlement et de la discrimination envers les femmes et les filles au Togo.

La France vue négativement par plus de la moitié des Togolais

Selon les résultats de l’enquête, 53 % des Togolais estiment que l’influence de la France sur leur pays est « négative ». Cette perception est particulièrement marquée chez les citoyens les plus instruits (73 %), les plus aisés (62 %), les citadins (62 %) et les hommes (59 %). En revanche, les Togolais moins instruits, les plus pauvres, les résidents ruraux et les femmes ont une vision plus nuancée de l’influence française, avec des taux plus bas de perception négative, oscillant entre 42 % et 49 %.

La Chine et les États-Unis jugés positivement

En revanche, les résultats montrent une perception largement favorable de l’influence de la Chine et des États-Unis. En effet, 67 % des répondants considèrent l’influence de la Chine comme « quelque peu positive » ou « très positive », tandis que 60 % partagent un avis similaire concernant les États-Unis. La Russie, bien que moins perçue positivement que ces deux puissances, bénéficie tout de même de l’approbation de près de la moitié des Togolais, avec 49 % d’opinions favorables.

L’impact économique de la Chine

Un autre aspect important soulevé par l’enquête concerne l’impact des activités économiques de la Chine sur le Togo. Près de six répondants sur dix (57 %) estiment que ces activités influencent « beaucoup » (33 %) ou « quelque peu » (24 %) l’économie togolaise. Cette perception témoigne de l’importance croissante des relations économiques entre le Togo et la Chine, un phénomène que les Togolais perçoivent de manière plutôt favorable.

Afrobarometer : un réseau panafricain de recherche

Afrobarometer, un réseau panafricain de recherche par sondage non-partisan, se distingue par la qualité de ses données sur des sujets relatifs à la démocratie, la gouvernance et la qualité de vie. Pour le Togo, l’enquête a été conduite par le Center for Research and Opinion Polls (CROP) auprès de 1 200 adultes togolais en novembre 2024. Avec un échantillon représentatif à l’échelle nationale et une marge d’erreur de +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95 %, les résultats permettent d’étayer les tendances observées dans les précédentes enquêtes menées au Togo, notamment en 2011, 2015, 2017, 2019 et 2022.

Ainsi, l’enquête Afrobarometer révèle des tendances significatives dans la manière dont les Togolais perçoivent l’influence des puissances étrangères, en particulier celle de la France, tout en mettant en lumière l’impact croissant de la Chine et des États-Unis sur l’économie et la politique togolaises. Ces résultats invitent à une réflexion plus approfondie sur les relations internationales du Togo et sur les perceptions des citoyens face aux dynamiques géopolitiques actuelles.

Une forte prévalence du harcèlement et de la discrimination envers les femmes et les filles au Togo

Aussi, es résultats d’un sondage alarmant sur les violences et inégalités de genre au Togo. L’enquête met en lumière une réalité préoccupante : les femmes et les filles togolaises continuent de faire face à d’importants obstacles liés au harcèlement sexuel, à la discrimination, et à l’inégalité d’accès à l’éducation et à l’emploi.

Selon les données recueillies, trois Togolais sur dix (30%) affirment que les élèves filles et les étudiantes sont « souvent » ou « toujours » victimes de harcèlement sexuel de la part de leurs enseignants. 22% des personnes interrogées estiment également que les femmes sont fréquemment harcelées dans les espaces publics, tandis que 23% soulignent qu’elles sont régulièrement empêchées d’accéder à l’éducation ou à un emploi rémunéré.

Le rapport souligne également que deux répondants sur dix estiment que les institutions ont tendance à favoriser les garçons. Ce sentiment d’injustice est renforcé par la perception que les plaintes des femmes ne sont pas toujours prises au sérieux : seuls deux Togolais sur dix jugent qu’il est « très probable » que la société croie une femme ou une fille qui dénonce des faits de discrimination ou de harcèlement.

Face à cette situation, près de 69% des citoyens togolais estiment que la police et les tribunaux doivent faire « un peu » ou « beaucoup plus » pour protéger les femmes et les filles contre la discrimination et les violences sexuelles.

Enfin, 66% des personnes interrogées considèrent qu’il est au moins « quelque peu probable » que les femmes soient victimes de harcèlement, ce qui confirme une prise de conscience croissante, mais également une urgence d’agir au niveau institutionnel et sociétal.

Afrobaromètre appelle à des actions concrètes et à une volonté politique affirmée pour mettre fin à ces inégalités, et garantir aux femmes et aux filles un environnement sûr, équitable et respectueux de leurs droits.

 

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