Par René DOKOU, le 25 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le paludisme, longtemps fléau endémique en Afrique subsaharienne, recule progressivement au Togo. En 2024, le pays enregistre une baisse significative du nombre de cas, fruit d’une politique sanitaire rigoureuse et d’un engagement multisectoriel constant.
Des progrès notables en 2024
Selon les données récentes, l’incidence de la maladie est passée de 286 cas pour 1 000 habitants en 2023 à 258 pour 1 000 en 2024. Une évolution notable qui confirme l’efficacité des actions menées.
La mortalité hospitalière suit la même tendance encourageante. Le taux de décès dû au paludisme, qui s’élevait à 15 % en 2023, est tombé à 11,7 % en 2024. Ces résultats sont le signe d’une meilleure prise en charge des patients, notamment dans les zones rurales où les structures sanitaires ont été renforcées.
Une stratégie fondée sur la prévention et la gratuité des soins
Au cœur de la stratégie togolaise figure la protection des populations les plus vulnérables, en particulier les enfants de moins de cinq ans. Ceux-ci bénéficient d’une prise en charge gratuite en cas de paludisme grave, une mesure essentielle dans la réduction de la létalité. Entre 2017 et 2021, cette létalité est passée de 4,08 % à 2,5 %, témoignant de l’impact direct de cette politique sur la survie des plus jeunes.
Outre la gratuité des soins, les campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées, les séances de sensibilisation communautaire et les traitements préventifs saisonniers ont permis de réduire l’exposition au vecteur du paludisme. Ces mesures, largement soutenues par les partenaires techniques et financiers du pays, ont transformé la lutte contre la maladie en un effort collectif et durable.
Des résultats construits sur le long terme
Les succès enregistrés en 2024 s’inscrivent dans une dynamique enclenchée depuis plusieurs années. Entre 2015 et 2021, le Togo avait déjà réduit l’incidence du paludisme de près de 40 % et la mortalité de près de 50 %, selon le Rapport mondial sur le paludisme publié en 2022. Ces données montrent que les efforts déployés par le pays ne relèvent pas de simples actions ponctuelles, mais bien d’une stratégie cohérente, suivie et adaptée aux réalités du terrain.
Les autorités sanitaires, avec l’appui de l’OMS et d’autres partenaires, ont investi dans la formation du personnel médical, le renforcement des laboratoires de diagnostic, ainsi que dans l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement en médicaments antipaludiques. Ces investissements ont permis une détection plus rapide des cas et une réponse thérapeutique plus efficace.
Vers une élimination progressive du paludisme
Si les chiffres de 2024 sont encourageants, les autorités togolaises n’entendent pas relâcher leurs efforts. Le ministère de la Santé a annoncé une nouvelle phase stratégique axée sur l’élimination du paludisme à long terme, avec pour objectif de réduire encore davantage l’incidence et la mortalité d’ici 2030. Cette phase comprendra notamment l’élargissement de la couverture des interventions préventives, le recours à des outils technologiques de surveillance épidémiologique et le renforcement des partenariats internationaux.
Le combat contre le paludisme reste un défi de taille, mais les avancées du Togo prouvent qu’avec une volonté politique forte, une mobilisation communautaire efficace et des ressources bien orientées, des résultats tangibles sont possibles. Un message d’espoir pour l’ensemble des pays touchés par ce fléau.
















