Par René DOKOU, le 24 Juin 2025
(IMPARTIAL ACTU)- La lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés (PMQIF) franchit un nouveau palier au Togo. Ce mardi, la Fondation Brazzaville, en partenariat avec le ministère togolais de la Santé, a lancé un appel solennel aux parlementaires pour intensifier les efforts de lutte contre ce fléau sanitaire, économique et social.
À l’occasion d’un séminaire parlementaire organisé à Lomé, les députés ont été sensibilisés à l’ampleur du danger que représentent ces produits pour la santé des populations. Véritables poisons circulant en dehors des circuits réglementés, les PMQIF mettent à mal la confiance dans les systèmes de soins et freinent les progrès vers la couverture sanitaire universelle.
« Ces produits ne sont pas de simples marchandises illicites, ce sont de véritables poisons. Cette situation est alarmante pour la santé de nos populations et une menace grave pour notre développement », a déclaré sans détour le président de l’Assemblée nationale, Kodjo Sevon Tépé Adedzé.
Le séminaire a permis de faire le point sur les avancées du Togo dans le cadre de l’Initiative de Lomé, une alliance régionale lancée en janvier 2020 par six États africains (Togo, Sénégal, Ghana, Niger, Ouganda, Congo), avec l’appui de la Fondation Brazzaville. Ce partenariat vise à harmoniser les législations, renforcer les contrôles douaniers et pharmaceutiques, et mobiliser l’ensemble des acteurs contre le trafic de faux médicaments.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Pr Tchin Darre, a réaffirmé l’importance de cet engagement parlementaire. Pour lui, la lutte contre les PMQIF passe impérativement par des mesures législatives fortes et un contrôle plus rigoureux des circuits d’approvisionnement. « Il s’agit d’une opportunité d’échange, de transparence et de renforcement de l’engagement parlementaire sur une question qui touche directement la vie des Togolais », a-t-il souligné.
Le Togo a déjà pris plusieurs initiatives, notamment en matière de traçabilité des médicaments, de coopération internationale et de répression du trafic. Mais les autorités en appellent désormais à une mobilisation élargie, en particulier de l’Assemblée nationale, pour durcir le cadre légal et renforcer les moyens de contrôle.
À travers l’Initiative de Lomé, le pays veut se positionner comme un modèle régional dans la lutte contre ce trafic mortel. La mobilisation des parlementaires représente un jalon crucial dans ce combat commun. Elle permettra, espère-t-on, d’accélérer l’adoption de lois plus contraignantes et d’améliorer la coordination entre institutions.
Ce séminaire marque ainsi un tournant stratégique : au-delà des acteurs de santé, c’est désormais toute l’architecture institutionnelle nationale qui est appelée à se mobiliser contre un phénomène qui tue à bas bruit. Dans une dynamique régionale et politique, le Togo entend faire de cette lutte une priorité de santé publique, de justice sociale et de souveraineté sanitaire.
















