L’ONAT veut construire sans risques

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Par René DOKOU, le 10 Janvier 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Face aux dérives persistantes dans le secteur de la construction, l’Ordre national des architectes du Togo (ONAT) passe à l’offensive. L’institution professionnelle lance une vaste caravane d’information et de sensibilisation à l’échelle nationale, dont la première étape est prévue le 29 janvier prochain à Dapaong, dans la région des Savanes.

Objectif : expliquer au grand public les règles fondamentales qui encadrent l’acte de bâtir et rappeler le rôle central des professionnels qualifiés dans la sécurité des constructions. Ces rencontres itinérantes réuniront architectes, urbanistes, ingénieurs et représentants des collectivités locales, dans une approche résolument pédagogique.

La démarche est loin d’être anodine. Au Togo, la construction informelle reste largement répandue. Beaucoup de propriétaires continuent de penser qu’un architecte est superflu pour édifier une maison ou un immeuble. Une erreur aux conséquences parfois dramatiques.

Effondrements de bâtiments, fissures précoces, défauts structurels majeurs : les accidents se multiplient. Ils ne relèvent ni du hasard ni de la fatalité, mais résultent, selon l’ONAT, d’un amateurisme persistant et d’un non-respect des normes techniques. Confier un chantier à un maçon sans encadrement professionnel ne garantit ni la solidité de l’ouvrage ni la sécurité de ses occupants.

Contrairement aux idées reçues, le rôle de l’architecte ne se limite pas à la conception esthétique. Il engage sa responsabilité sur des aspects essentiels : calcul des charges, choix des matériaux, conception des fondations, respect des normes parasismiques, gestion des eaux, ventilation et éclairage naturel. Autant de paramètres techniques qui conditionnent la durabilité d’un bâtiment.

L’économie réalisée en se passant d’architecte se transforme souvent en perte sèche. Reprises de travaux, malfaçons coûteuses, contentieux, voire drames humains : le prix de l’improvisation est élevé. Les honoraires d’un architecte, estimés entre 8 et 15 % du coût global d’un projet, constituent pourtant un investissement rentable, garant de qualité, de conformité et de valorisation du patrimoine bâti.

Pour l’ONAT, la caravane vise aussi à déconstruire une perception erronée de l’architecture, encore trop souvent assimilée à un luxe. Dans un contexte d’urbanisation rapide, de constructions à étages et de contraintes environnementales accrues, le recours aux professionnels n’est plus une option, mais une nécessité.

En sillonnant le pays, l’Ordre espère provoquer une prise de conscience collective et contribuer à une meilleure régulation du secteur. Car construire, rappelle-t-on à l’ONAT, n’est pas seulement ériger des murs, mais protéger des vies.

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