Lomé abrite une rencontre sous-régionale sur les risques fiscaux dans le secteur minier

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Par René DOKOU, le 19 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- La capitale togolaise est depuis ce lundi le théâtre d’une importante rencontre sous-régionale réunissant les cadres des administrations fiscales et douanières des huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Organisée à l’initiative de la Commission de l’Uemoa, cette session de travail, qui s’étendra jusqu’au 23 mai, ambitionne de renforcer les capacités des États face aux risques fiscaux dans le secteur minier.

Le secteur extractif, souvent pointé du doigt pour ses pratiques opaques, fait face à de nombreux défis en matière de transparence et de mobilisation des ressources. Durant une semaine, les participants échangeront sur les pratiques de fraude, d’évasion et d’optimisation fiscales, mais également sur les phénomènes de fausse facturation commerciale qui affectent les revenus publics dans plusieurs pays de la sous-région.

“Malgré les efforts des États membres, les défis à relever demeurent importants en matière de lutte contre l’évitement fiscal dans le secteur minier”, a souligné Essokiza Anakpa, directeur général du budget et des finances, qui a ouvert les travaux au nom du ministre togolais de l’Économie et des Finances. Il a insisté sur la nécessité d’une coopération accrue entre les administrations fiscales et douanières, pour faire face aux stratégies de plus en plus complexes mises en place par certains opérateurs miniers.

Au-delà de l’échange d’expériences, la rencontre vise à développer des outils concrets pour identifier et diagnostiquer les pratiques fiscales douteuses. L’objectif est de contribuer à l’élargissement de l’assiette fiscale, tout en consolidant la gouvernance économique des États membres.

Selon les statistiques de la Commission de l’Uemoa, le secteur minier représente une source significative de recettes pour certains pays : en 2023, il a contribué à hauteur de 27,8 % au budget du Mali, 9,4 % à celui du Sénégal, tandis qu’au Togo, cette contribution reste encore modeste, atteignant à peine 2 % du PIB en 2022.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique régionale de lutte contre l’érosion des bases fiscales, enjeu majeur pour la souveraineté économique des États de l’espace Uemoa.

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