Lomé 2025 : le panafricanisme en congrès pour refonder la place de l’Afrique dans le monde

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Par René DOKOU, le 04 Décembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Du 8 au 12 décembre 2025, le Palais des Congrès de Lomé accueillera le 9ᵉ Congrès panafricain, un rendez-vous historique placé sous le sceau du renouveau. Initiée par le Togo et entérinée par l’Union africaine en février 2025, cette édition s’inscrit dans une longue tradition de rencontres fondatrices ayant marqué les luttes contre l’esclavage, la colonisation et toutes les formes d’oppression subies par les peuples africains et afrodescendants. Elle ambitionne d’ouvrir une nouvelle ère, au moment où le continent se trouve à la croisée des chemins géopolitiques et diplomatiques.

Le thème retenu — « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir » — traduit cette volonté de conjuguer mémoire, souveraineté et action. Dans un monde en recomposition, où de nouveaux blocs émergent et où l’ordre international se redessine, la question de la place réelle de l’Afrique revient avec acuité. L’absence persistante du continent au rang des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les déséquilibres de la gouvernance mondiale et les défis socio-économiques endogènes nourrissent l’appel à un panafricanisme repensé.

Un héritage historique réactivité 

Les Congrès panafricains du XXᵉ siècle, portés par des figures emblématiques telles que W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, Kwame Nkrumah ou Julius Nyerere, avaient jeté les bases idéologiques des luttes anticoloniales. Ils avaient accompagné l’éveil politique qui mena à la vague des indépendances. Plus d’un siècle après le premier Congrès de 1900, les aspirations demeurent : souveraineté réelle, unité africaine, développement autonome.

Pourtant, malgré des avancées majeures, l’Afrique contemporaine reste confrontée à de profondes vulnérabilités : dépendance économique, pressions géopolitiques, fractures internes, défis climatiques et sanitaires. L’apparition de nouvelles coalitions, telles que l’Alliance des États du Sahel en 2023, ou la montée en puissance du Sud global et des BRICS, rebat les cartes et pousse le continent à repenser son positionnement stratégique.

Un événement structurant de l’agenda politique africain

Le 9ᵉ Congrès panafricain constitue l’un des piliers de la mise en œuvre de la décision de l’Union africaine déclarant la période 2021-2031 « Décennie des racines africaines et de la diaspora ». Il vise à reconnecter les peuples d’Afrique et leurs diasporas, dans une démarche de reconnaissance mutuelle, de réparation des injustices historiques et de construction collective.

Lomé entend offrir une plateforme où intellectuels, décideurs politiques, chefs d’État, jeunes leaders, diplomates, acteurs économiques et représentants de la société civile pourront questionner les fondements du panafricanisme, revisiter son rôle historique et définir les contours d’un projet futuriste et inclusif. Environ un millier de participants issus du continent et de la diaspora sont attendus.

Des enjeux multiples, une ambition commune

Les discussions seront organisées autour de commissions thématiques et de panels de haut niveau. Elles porteront notamment sur :

la refondation du panafricanisme, à travers les valeurs endogènes et des philosophies telles qu’Ubuntu, pour construire une unité moderne, inclusive et durable ;

la réforme des institutions multilatérales, en vue d’une représentation plus juste de l’Afrique sur la scène internationale ;

la mobilisation souveraine des ressources, afin de bâtir une économie autocentrée, respectueuse de l’environnement et socialement équitable ;

la décolonisation culturelle et mentale, pour restaurer la confiance, l’imaginaire et la fierté africains ;

le rôle central des femmes et des jeunes, moteurs incontournables du renouveau politique et social ;

les réponses aux défis de santé, d’innovation et de sécurité alimentaire, en combinant savoirs ancestraux et progrès scientifiques ;

la promotion de l’image de l’Afrique, afin de renforcer son influence géopolitique et culturelle.

Outre les sessions de travail, une journée culturelle mettra en lumière les patrimoines artistiques, linguistiques et musicaux du continent et de ses diasporas.

Un acte politique, mémoriel et stratégique

Plus qu’une rencontre intellectuelle, le Congrès de Lomé se veut un acte politique fort. Il vise à replacer l’Afrique au centre de sa propre histoire et à transformer un ordre mondial jugé obsolète et inéquitable. En s’appuyant sur sa diversité, ses ressources, son capital humain et son identité renouvelée, le continent entend consolider son influence et affirmer une souveraineté assumée.

Inscriptions et formalités

Les participants peuvent s’enregistrer via le site officiel du Congrès : pac9-lome.com/registration.
Les médias internationaux doivent solliciter leur accréditation à l’adresse : registration@pac9-lome.com.

L’obtention préalable d’un visa électronique est obligatoire sur la plateforme officielle voyage.gouv.tg. Les autorités togolaises délivreront un visa de courtoisie, accessible directement en ligne ; aucun visa ne sera délivré à l’arrivée.

À un moment où le monde s’interroge sur son avenir, Lomé 2025 ambitionne d’être plus qu’un colloque : un espace de refondation, où se dessine peut-être la prochaine étape de la destinée africaine.

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