Letsile Tebogo : un héros national qui serait un criminel sans le sport

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Par René DOKOU, le 14 Avril 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Sur la piste du Stade de France, Letsile Tebogo se retourne, brandit fièrement sa médaille d’or, un sourire éclatant au visage. Derrière lui, les tribunes sont pleines à craquer, des milliers de supporters acclament le champion devenu légende.

À seulement 21 ans, il est entré dans l’histoire en remportant le 200 mètres masculin aux Jeux olympiques de Paris 2024, offrant au Botswana sa toute première médaille d’or olympique.

Élevé à Kanye, un village du sud du Botswana, par une mère célibataire, Tebogo a grandi dans un environnement difficile, où la délinquance menaçait de devenir un mode de vie. Le sport, dit-il, l’a sauvé.
« Sans le sport, je serais probablement un criminel à l’heure actuelle », confie-t-il. « Là où j’ai grandi, beaucoup de jeunes se tournaient vers le crime pour survivre. »
Son quotidien, rythmé par l’école et les entraînements, lui laissait peu de temps pour s’égarer. Le jeune ailier gauche qu’il était sur les terrains de foot est rapidement devenu un sprinteur redoutable, dès l’école primaire.

Son parcours inspire. Nommé ambassadeur du programme Kids’ Athletics de World Athletics, il s’investit pleinement pour promouvoir le sport chez les jeunes.
« L’athlétisme m’a ouvert tant de portes. Je veux que les jeunes croient en eux, qu’ils osent rêver grand », explique-t-il.

À Paris, Tebogo n’a pas seulement décroché l’or : il a établi un nouveau record d’Afrique sur 200 m et a également offert au Botswana une médaille d’argent en relais 4×400 m. Une prouesse saluée dans tout le pays, jusqu’à la déclaration d’un jour férié pour célébrer son retour triomphal.

Pourtant, l’année 2024 a aussi été marquée par une profonde tristesse : la perte de sa mère, Seratiwa. C’est en sa mémoire qu’il a couru, et remporté, la course de sa vie.

Aujourd’hui, le champion est plus que jamais tourné vers l’avenir. Il prépare les championnats du monde de Tokyo et continue de travailler son endurance, en courant notamment le 400 m en début de saison. Son objectif : être prêt pour les grands rendez-vous, dont celui, historique, de 2026, où le Botswana accueillera les championnats du monde de relais — une première pour l’Afrique.

Tebogo, humble malgré la gloire, reste fidèle à ses valeurs. Contrairement à certains rivaux comme l’Américain Noah Lyles, il refuse de se mettre en scène. « L’arrogance peut servir à vendre le sport, mais ce n’est pas moi », dit-il. Et pourtant, c’est bien par son authenticité et son parcours hors du commun qu’il inspire.

En foulant à nouveau la piste de Mma Masire Grounds, son ancien terrain d’entraînement, Tebogo rappelle aux jeunes présents qu’il est « l’un des leurs ».
« Il suffit de capitaliser sur le peu qu’on a et de ne jamais abandonner ses objectifs », leur lance-t-il.

Letsile Tebogo n’est pas qu’un champion. Il est le symbole d’un espoir, d’un avenir possible, et d’une génération qui, grâce au sport, peut rêver plus grand.

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