Par René DOKOU, le 16 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- En septembre dernier, la ville de Mafa, dans le nord-est du Nigeria, a été le théâtre d’une attaque sanglante menée par les militants de Boko Haram, marquant l’un des épisodes les plus meurtriers de ces dernières années. Le bilan est lourd : plus de 100 personnes ont perdu la vie. Pour les habitants, ce massacre a réveillé les traumatismes d’une époque qu’ils pensaient révolue.
L’organisation islamiste radicale, fondée en 2002, prône une interprétation extrémiste de l’islam qui rejette toute forme de modernité, particulièrement toute influence occidentale. Elle interdit notamment aux musulmans de participer à des activités politiques ou sociales perçues comme étrangères à la charia. Dans leur rhétorique, l’État nigérian est considéré comme illégitime et hérétique, indépendamment de la religion de ses dirigeants.
Alors que l’armée nigériane, avec l’appui des pays voisins, avait réussi à affaiblir le groupe au cours de la dernière décennie, les récentes attaques montrent une inquiétante résurgence de l’insurrection. Selon les données compilées par SBM Intelligence et analysées par la BBC, le nombre d’attaques attribuées à Boko Haram a crû de manière inquiétante : 105 en 2022, 147 en 2023 et 191 en 2024.
L’année 2025 s’est ouverte dans la violence. Le 4 janvier, une embuscade meurtrière contre des soldats nigérians à Sabon Gari a coûté la vie à six d’entre eux. Moins de deux semaines plus tard, le 13 janvier, 40 agriculteurs et pêcheurs ont été tués lors d’une attaque brutale dans le village de Dumba, non loin de Baga.
Alors que la communauté internationale s’inquiète de l’expansion continue des groupes djihadistes dans la région du Sahel, les habitants du nord-est du Nigeria vivent dans la peur constante de nouveaux assauts.
“L’armée est là mais, je ne me sens plus en sécurité. Ces attaques à répétition nous rendent instables ! À quand la fin de cette misère que même l’armée n’arrive pas à maîtriser ? Quand l’armée nigériane même se montre impuissante face à ces crimes, on ne sait à quel saint se vouer”, a déclaré un habitant du Nord du Nigeria.
Malgré les efforts militaires, les civils restent les premières victimes de cette guerre sans fin.
















