Par René DOKOU, le 05 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Ce 5 mai 2025, à l’occasion de la Journée internationale de la sage-femme, l’Afrique rend hommage aux milliers de femmes et d’hommes qui, chaque jour, accompagnent les mères et les nouveau-nés dans les instants les plus critiques de la vie. Sous le thème « Sages-femmes : indispensables dans chaque crise », cette journée vise à souligner le rôle vital que jouent les sages-femmes dans les systèmes de santé africains, souvent mis à rude épreuve par les conflits, les catastrophes naturelles ou les pandémies.
Dans son message à l’occasion de cette journée, le Dr Chikwe Ihekweazu, Directeur régional par intérim de l’OMS pour l’Afrique, a salué l’engagement des sages-femmes, véritables piliers de la santé maternelle et néonatale sur le continent. Il a rappelé que plus d’un million de nouveau-nés et 178 000 mères perdent encore la vie chaque année en Afrique, une réalité alarmante face à laquelle les sages-femmes représentent souvent la seule ligne de défense.
Le lien entre la Journée internationale de la sage-femme et le thème de la Journée mondiale de la santé 2025, « Une bonne santé à la naissance pour un avenir plein d’espoir », est clair : tout commence par une naissance saine. Or, sans des sages-femmes qualifiées, bien formées et bien soutenues, cet espoir reste hors de portée pour des millions de familles.
Les progrès sont néanmoins réels. Le nombre de sages-femmes dans la Région africaine a presque doublé entre 2013 et 2022, passant de 173 269 à plus de 334 000. Ce bond témoigne d’un engagement croissant pour la profession, soutenu par des efforts nationaux et internationaux. L’OMS continue d’accompagner les États membres pour renforcer la formation des sages-femmes, améliorer la densité du personnel soignant, et les intégrer dans les politiques nationales de santé.
L’année 2024 a marqué un tournant, avec l’adoption par les États membres de la Charte d’investissement dans les ressources humaines en santé en Afrique, soulignant une volonté commune de soutenir durablement les professionnels de santé. Le Zimbabwe, par exemple, a annoncé un pacte d’investissement ambitieux visant à injecter 166 millions de dollars par an, pendant trois ans, pour renforcer son personnel de santé, en mettant les sages-femmes au cœur de cette transformation.
Mais derrière les chiffres et les engagements, le quotidien reste souvent difficile. Trop de sages-femmes exercent sans ressources adéquates, sans sécurité, ni reconnaissance. Elles sont parfois exclues des décisions politiques qui affectent directement leur travail et la santé des populations qu’elles servent.
Le Dr Ihekweazu appelle à un changement concret : des conditions de travail dignes, un accès à des ressources en santé mentale, une meilleure protection en temps de crise, et une formation adaptée aux contextes de conflit et de traumatisme. Ce n’est qu’en valorisant pleinement ces professionnelles que les systèmes de santé pourront véritablement évoluer.
La Journée internationale de la sage-femme ne doit pas rester un simple moment de reconnaissance symbolique. Elle doit être un appel à l’action. Un appel à investir dans celles qui accompagnent la vie dès ses premiers instants, qui écoutent, qui soignent, qui sauvent. En les formant, en les respectant, en les autonomisant, nous construisons un avenir plus sain pour chaque mère, chaque enfant, et chaque communauté.
Car comme le rappelle le Dr Ihekweazu : « Les sages-femmes ne sont pas seulement indispensables dans chaque crise. Elles sont essentielles à chaque solution. »
















