Par René DOKOU, le 17 Novembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Groupe de Réflexion et d’Action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), avec l’appui technique et financier de la Fondation Hanns Seidel, a organisé du jeudi 13 au vendredi 14 novembre 2025 un atelier de formation consacré à la participation politique des jeunes filles et aux défis des processus électoraux au Togo. Au terme de ces deux jours d’échanges, cinquante jeunes participantes ont été mieux outillées sur les enjeux, opportunités et responsabilités liés à l’engagement citoyen.
La question de la représentation politique féminine demeure centrale dans l’évolution démocratique du pays. Malgré des avancées significatives, les femmes togolaises continuent de faire face à des barrières socioculturelles, économiques et institutionnelles. Selon les données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2022 publié par l’INSEED, les femmes représentent 51,3 % de la population. Pourtant, elles ne constituent que 21 % des députés à l’Assemblée nationale. Au sein du gouvernement, elles occupent 9 portefeuilles sur 33, soit 27,27 %.
À l’échelle locale, les statistiques demeurent encore plus faibles : 13,23 % des conseillers municipaux, 10,25 % des maires et 12,06 % des adjointes aux maires sont des femmes. Sur les 179 conseillers régionaux, seules 21 sont des femmes. Un écart considérable subsiste donc entre la proportion de femmes dans la population et leur présence effective dans les instances décisionnelles.
Face à ce constat, plusieurs programmes nationaux et initiatives de la société civile, dont ceux du GF2D, se mobilisent pour renforcer la participation politique féminine. Le leadership des femmes et des jeunes filles, ainsi que l’accompagnement des communautés vers un environnement inclusif, sont désormais au cœur des stratégies de promotion de l’égalité.
Cet atelier s’inscrit précisément dans cette dynamique. Son objectif général : contribuer au renforcement du leadership politique féminin au Togo. Plus spécifiquement, il vise à promouvoir un engagement socio-politique éclairé, durable et structuré des jeunes filles, souvent peu représentées dans les processus électoraux et décisionnels.
La première journée de formation a été animée par Dr Akpamandji, autour de quatre modules essentiels :(i) Analyse genre et politiques publiques, (ii) Plaidoyer, lobbying et influence politique, (iii) Leadership collaboratif et travail en équipe, (iv) Citoyenneté, valeurs et éthique.
Ces thématiques ont permis aux participantes d’aborder les fondements du leadership public, de comprendre les mécanismes institutionnels et de s’interroger sur leur rôle dans la construction d’une gouvernance plus équitable.
Au cours de la même journée, l’experte a également présenté un module très attendu sur la planification de carrière politique. Les jeunes filles ont été guidées sur la manière de construire un parcours politique à moyen et long terme, d’identifier leurs ambitions, de choisir une structure d’engagement adaptée ou encore de gérer leur image publique. Le volet relatif au mentorat et au réseautage a souligné l’importance de créer des connexions solides avec des femmes leaders expérimentées afin de favoriser l’accès aux opportunités politiques.
La seconde journée, animée par M. Toffa, a permis d’élargir les compétences pratiques des participantes. Quatre nouveaux modules ont été développés : (i) Mobilisation communautaire et participation citoyenne, (ii) Techniques d’écoute active et cartographie des acteurs locaux, (iii) Organisation de réunions communautaires, (iv) Techniques de négociation et résolution de conflits en période électorale.
Les discussions ont porté sur la gestion des tensions, l’identification des différents types de conflits politiques et communautaires, ainsi que sur les techniques de médiation. Un ensemble de compétences cruciales dans un contexte électoral parfois marqué par des divergences et des enjeux sensibles.
Concrètement, cet atelier vise à renforcer les connaissances des participantes, leur compréhension du fonctionnement des institutions publiques et leur capacité à jouer un rôle actif dans la gouvernance locale et nationale. Les organisateurs ont également mis à leur disposition des ressources documentaires pertinentes pour approfondir les notions abordées.
Il convient de rappeler que la participation politique des femmes constitue une condition essentielle de l’égalité des sexes et de la consolidation démocratique. Les instruments juridiques africains et internationaux notamment le Protocole de Maputo (2003), la Déclaration solennelle de l’Union africaine sur l’égalité (2004) et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) encouragent tous une participation paritaire aux décisions publiques.
Par ailleurs, l’Objectif 5 des ODD rappelle la nécessité de garantir la pleine participation des femmes et leur accès égal aux fonctions de direction à tous les niveaux. L’initiative du GF2D et de la Fondation Hanns Seidel s’inscrit ainsi pleinement dans cette vision internationale.
À travers cet atelier, cinquante jeunes filles togolaises ont désormais les outils nécessaires pour envisager un engagement politique éclairé, affirmé et durable. Une étape importante vers une représentativité plus inclusive et équitable.
















