“Investir dans la santé, est une urgence stratégique pour notre sous-région”, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin ministre béninois de la Santé

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Par René DOKOU, le 26 Mars 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Lors de la cérémonie d’ouverture mercredi 25 Mars 2026, de l’atelier des parlementaires de la CEDEAO consacrée à la mobilisation des ressources domestiques pour la santé , le ministre béninois de la Santé, chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, a livré un message clair, incisif et sans détour. Face à un parterre de décideurs politiques et de partenaires techniques et financiers réunis à Cotonou, il a posé une question fondamentale qui redéfinit les priorités : peut-on encore se permettre de ne pas investir dans la santé ?

Une interpellation directe aux décideurs

Au-delà des discours convenus, l’intervention du ministre s’est distinguée par sa lucidité et son ancrage dans les réalités. Pour lui, le débat ne doit plus se limiter aux mécanismes de financement, mais s’orienter résolument vers l’impact réel de ces ressources sur la vie des populations.

Des financements orientés vers des résultats concrets

Le ministre a insisté sur une exigence de redevabilité et d’efficacité. Chaque franc mobilisé doit produire un effet mesurable et visible. Il ne s’agit plus d’accumuler des engagements financiers, mais de garantir des résultats tangibles sur le terrain.

Amélioration de la qualité des soins, élargissement de l’accès aux services de santé, réduction de la mortalité : tels sont les indicateurs qui doivent désormais guider l’action publique. Dans cette optique, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin appelle à rompre avec les approches théoriques et les stratégies déconnectées des réalités locales.

Cette orientation traduit une volonté de transformation profonde des systèmes de santé, où l’impact devient le principal critère d’évaluation des politiques publiques.

Tirer les leçons des crises sanitaires

S’appuyant sur l’expérience récente de la pandémie de COVID-19, le ministre a rappelé une évidence devenue stratégique : les crises sanitaires coûtent toujours plus cher que leur prévention. Pour lui, investir dans la santé revient à anticiper, à renforcer la résilience des systèmes et à protéger durablement les populations.

Dans une formule forte, il a résumé l’enjeu : la question n’est plus de savoir comment financer la santé, mais si les États peuvent encore se permettre de ne pas le faire. Une déclaration qui résonne comme un avertissement dans un contexte mondial marqué par des risques sanitaires croissants.

Cette approche repositionne la santé comme un pilier de la sécurité nationale et régionale, au même titre que les enjeux économiques ou sécuritaires.

La santé, levier de croissance économique
Loin d’être une charge pour les finances publiques, la santé est présentée comme un investissement stratégique à forte rentabilité. Selon le ministre, chaque dépense dans ce secteur génère des retombées économiques significatives.

Une population en bonne santé est plus productive, plus résiliente et plus apte à contribuer au développement. À l’inverse, les maladies entraînent des pertes économiques considérables, tant pour les ménages que pour les États.

En mettant en avant cette dimension économique, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin invite à changer de paradigme : la santé doit être perçue non pas comme une dépense sociale, mais comme un moteur de croissance durable.

Accélérer la couverture sanitaire universelle

Le ministre a également insisté sur l’urgence d’atteindre la couverture sanitaire universelle, objectif prioritaire pour les pays de la région ouest-africaine. Au-delà des engagements internationaux, il s’agit d’un choix politique et sociétal majeur.

Garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité, sans risque d’appauvrissement, constitue un levier essentiel de cohésion sociale et de développement humain. Cet objectif implique des réformes structurelles, une meilleure allocation des ressources et un engagement constant des pouvoirs publics.

Une volonté politique décisive

Pour Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, les solutions techniques existent déjà. Le véritable défi réside dans la volonté politique. Mobiliser davantage de ressources pour la santé suppose des choix courageux et une hiérarchisation claire des priorités nationales.

Il a ainsi exhorté les participants à faire de cette rencontre un point de bascule, capable d’inscrire durablement la santé au cœur des politiques publiques. L’enjeu dépasse les frontières nationales et appelle à une mobilisation collective à l’échelle régionale.

Un signal fort pour l’Afrique de l’Ouest

À travers cette prise de parole, le ministre béninois envoie un message sans ambiguïté : investir dans la santé n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Dans un contexte marqué par des défis sanitaires persistants et des ressources limitées, ce plaidoyer sonne comme un appel à l’action.

Entre impératif moral et exigence économique, la santé s’impose désormais comme un pilier central du développement. Et pour les États ouest-africains, le temps de l’hésitation semble bel et bien révolu.

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