Inflation au Togo : la décrue se confirme, les prix sous contrôle

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Par René DOKOU, le 13 Février 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, la pression sur les prix des biens de consommation poursuit son reflux. Après les tensions observées ces dernières années dans un contexte international volatil, l’inflation affiche une tendance nette à la modération. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’évolution a été continue et significative : le taux est passé de 2,9 % en janvier 2025 à 0,4 % en décembre 2025, avant de s’établir à 0,2 % en janvier 2026.

Ces données, rendues publiques par l’INSEED-Togo (Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques), traduisent une stabilisation progressive du niveau général des prix. À 0,2 % en janvier 2026, l’inflation atteint l’un de ses plus bas niveaux récents, confirmant l’accalmie observée depuis plusieurs mois.

Au-delà de la simple statistique, cette trajectoire descendante reflète un environnement macroéconomique plus stable et une meilleure maîtrise des facteurs internes et externes qui influencent les prix à la consommation.

Sous le seuil communautaire de l’UEMOA

Autre signal fort : le respect durable des critères de convergence régionaux. Depuis décembre 2024, le taux d’inflation au Togo demeure en dessous du seuil communautaire fixé à 3 % par l’UEMOA.

« Depuis 2024, le taux d’inflation est en dessous de 3 %. Le Togo a respecté en 2025 le critère de convergence de l’UEMOA relatif à l’inflation », a souligné Akoly Gentry, directeur général de l’INSEED-Togo, lors d’une rencontre d’échanges avec les médias.

Le respect de ce critère constitue un indicateur clé de discipline macroéconomique au sein de l’espace communautaire. Il renforce la crédibilité du pays auprès de ses partenaires régionaux et internationaux, tout en consolidant la stabilité du cadre monétaire commun.

IHPC : une stabilité annuelle remarquable

À fin janvier 2026, l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) s’établit à 102,8, un niveau quasiment identique à celui enregistré en janvier 2025. En glissement annuel, la variation des prix ressort ainsi à 0,0 %. Autrement dit, sur un an, les prix n’ont pratiquement pas évolué.

Cet indice, calculé à partir d’une collecte mensuelle couvrant l’ensemble du territoire depuis 2014, distingue les milieux urbain et rural. Il mesure l’évolution des prix d’un panier fixe de biens et services consommés par les ménages : alimentation, logement, transport, santé, communication, entre autres. À travers cet outil, c’est aussi le pouvoir d’achat qui est indirectement évalué, puisque l’inflation traduit l’érosion de la valeur de la monnaie face aux biens et services.

La stabilité observée sur un an résulte toutefois de dynamiques contrastées entre les différentes composantes du panier de consommation.

Des évolutions sectorielles contrastées

Si l’indice global reste stable, certaines catégories enregistrent des variations notables. Les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées reculent de 4,3 % sur un an. Cette baisse contribue fortement à contenir l’inflation globale, dans un pays où l’alimentation représente une part importante des dépenses des ménages.

À l’inverse, la division « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » progresse de 9,8 % sur la même période. Cette hausse est principalement imputable à l’augmentation des prix des combustibles solides. Elle traduit la sensibilité persistante du secteur énergétique aux fluctuations des coûts d’approvisionnement et aux contraintes structurelles.

D’autres postes enregistrent des hausses plus modérées : les restaurants et services d’hébergement augmentent de 3,3 %, tandis que la santé progresse de 1,0 %. Ces évolutions sectorielles, bien que contenues, témoignent d’une recomposition interne des prix, sans pour autant remettre en cause la stabilité d’ensemble.

Une poussée mensuelle liée aux produits frais

Sur une base mensuelle, la situation apparaît légèrement différente. Entre décembre 2025 et janvier 2026, le niveau général des prix augmente de 0,6 %. Cette progression est essentiellement portée par les produits alimentaires, et plus particulièrement par les produits frais, dont l’indice bondit de 2,8 % sur un mois.

Cette variation mensuelle s’explique en partie par des facteurs saisonniers affectant l’offre de certains produits agricoles. Dans une économie où la consommation alimentaire pèse lourdement dans le budget des ménages, la moindre fluctuation sur ce segment se répercute rapidement sur l’indice global.

Sur une base trimestrielle, les prix enregistrent une hausse de 1,5 %, tirée principalement par l’alimentation et l’énergie. Toutefois, ces mouvements à court terme n’altèrent pas la tendance annuelle de fond, marquée par une quasi-stagnation des prix.

Un environnement régional favorable

Dans l’ensemble de l’espace UEMOA, l’inflation moyenne a légèrement baissé, confirmant une dynamique régionale de détente des prix. Le Togo s’inscrit ainsi dans un contexte globalement favorable, tout en affichant une performance conforme aux exigences communautaires.

La combinaison d’une inflation contenue, d’un respect des critères de convergence et d’une stabilité de l’IHPC constitue un signal positif pour l’économie nationale. Elle offre une visibilité accrue aux acteurs économiques — entreprises, investisseurs, ménages — et contribue à renforcer la prévisibilité des conditions de marché.

Vers une consolidation durable ?

La question centrale demeure celle de la durabilité de cette accalmie. Si les indicateurs actuels sont encourageants, la vigilance reste de mise face aux aléas climatiques, aux tensions sur les marchés énergétiques ou aux chocs externes susceptibles d’influencer les prix.

Pour l’heure, les données publiées par l’INSEED-Togo confirment une maîtrise progressive et solide de l’inflation. En janvier 2026, avec un taux limité à 0,2 % et une variation annuelle nulle, le Togo affiche une stabilité des prix rare dans un environnement international encore incertain.

Une performance qui, si elle se prolonge, pourrait constituer l’un des leviers majeurs de consolidation du pouvoir d’achat des ménages et de renforcement de la confiance économique dans le pays.

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