Par René DOKOU, le 24 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Les élus municipaux et régionaux des communes du Haho ont pris part, lundi 23 février à Notsè, à un séminaire de haut niveau consacré à la décentralisation, à la bonne gouvernance et à la maîtrise des procédures budgétaires. L’initiative, portée par le président de l’Assemblée nationale, Prof Selom Klassou, marque une nouvelle étape dans l’accompagnement institutionnel des collectivités territoriales à l’heure de la Ve République.
Un séminaire stratégique sous l’impulsion de l’Assemblée nationale
Présidant personnellement l’ouverture des travaux, le chef du Parlement a placé la rencontre sous le signe de la responsabilité et de la performance publique. Devant un parterre d’élus issus de toutes les sensibilités politiques du Haho, il a insisté sur la nécessité de consolider les acquis de la décentralisation pour répondre aux attentes croissantes des populations.
Un contexte institutionnel en mutation
Cette rencontre intervient dans un environnement institutionnel renouvelé, marqué par l’entrée du pays dans la Ve République et l’affirmation d’un régime parlementaire redéfini. Un cadre qui redessine les équilibres institutionnels et appelle, selon le président de l’Assemblée nationale, à une plus grande rigueur dans la gestion locale.
Dans son allocution, Selom Klassou a rappelé la vision stratégique exposée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, lors de son adresse à la Nation devant le Congrès le 2 décembre 2025. Trois axes structurent cette ambition : protéger, rassembler, transformer. Des orientations qui, selon lui, ne sauraient rester au sommet de l’État.
« Ces concepts ne sont pas des slogans. Ils doivent guider concrètement votre action au service des communes », a-t-il affirmé, appelant les élus à incarner cette dynamique dans leurs territoires respectifs.
Le mandat local, une responsabilité encadrée
Félicitant les conseillers municipaux et régionaux récemment élus, le président de l’Assemblée nationale a rappelé que la confiance populaire constitue à la fois un honneur et une exigence. Le mandat local, a-t-il souligné, n’est ni une aventure solitaire ni un espace d’improvisation.
Les 117 communes du pays sont appelées à s’inscrire dans une logique de gouvernance exemplaire, fondée sur la transparence, la discipline budgétaire et le respect strict des textes. L’objectif du séminaire : prévenir les erreurs de gestion et renforcer la compréhension des responsabilités juridiques et financières.
Pour accompagner cette démarche, plusieurs personnalités ont été mobilisées, notamment le député Semondji Djossou, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le sénateur Pania, spécialiste du contrôle financier, ainsi que le directeur de la décentralisation, PALI Essolissam.
Maîtriser les finances locales, un impératif
Au cœur des échanges : la gestion budgétaire. Élaboration, exécution, contrôle, respect des obligations légales et réglementaires, passation des marchés publics autant de maillons essentiels à la crédibilité des collectivités territoriales.
Pour Semondji Djossou, l’enjeu est majeur. Il a rappelé qu’à l’issue de la première mandature communale, une étude révélait qu’environ 80 % des populations se déclaraient insatisfaites de la gestion de leurs communes, principalement en raison d’une faible maîtrise des finances locales.
La sentence biblique qu’il a citée « Mon peuple périt faute de connaissances » a résonné comme un avertissement. Pour le président de la Commission des finances, la compétence technique des élus conditionne directement l’efficacité du développement communal.
La transparence budgétaire, la traçabilité des dépenses et la conformité aux règles de passation des marchés publics constituent désormais des exigences incontournables. À défaut, la décentralisation risque de perdre en crédibilité.
Clarifier les compétences pour éviter les dérives
Prenant la parole, le directeur de la décentralisation, PALI Essolissam, a tenu à préciser la portée du séminaire. Il ne s’agit pas, a-t-il expliqué, de remplacer les formations dispensées par l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales, mais de réaffirmer les fondamentaux.
Il a rappelé que les compétences des collectivités se répartissent en trois catégories : compétences propres, compétences partagées et compétences transférables. Une distinction essentielle pour éviter les chevauchements et les initiatives hors cadre légal.
Malgré les dispositifs de formation existants, des flottements persistent, notamment dans la gestion des réserves administratives. Les rappels successifs du ministère de l’Administration territoriale en témoignent. Pour le directeur, une meilleure compréhension des textes est indispensable pour prévenir les irrégularités et sécuriser l’action publique locale.
Transformer le territoire, une ambition partagée
Au-delà des aspects techniques, le séminaire s’inscrit dans une ambition plus large : la transformation du territoire. Une priorité nationale réaffirmée par le président du Conseil lors de son discours du 2 décembre.
Pour les intervenants, cette transformation ne pourra se concrétiser sans des élus locaux compétents, disciplinés et pleinement conscients de leur rôle. La décentralisation n’est pas une fin en soi ; elle constitue un levier pour rapprocher l’action publique des citoyens et accélérer le développement.
Dans cette perspective, la maîtrise des procédures budgétaires et des marchés publics apparaît comme un outil stratégique. Elle conditionne la qualité des infrastructures, la mise en œuvre des projets sociaux et la confiance des administrés.
Dépasser les clivages pour servir l’intérêt général
Le séminaire, placé sous le thème « Décentralisation et bonne gouvernance : procédures budgétaires et marchés publics au service du développement communal », a réuni l’ensemble des sensibilités politiques des communes du Haho. Une configuration saluée par le président de l’Assemblée nationale.
Dans un contexte institutionnel en pleine mutation, l’appel à dépasser les clivages partisans pour privilégier l’intérêt général a constitué l’un des messages forts de la journée. Le développement local, ont insisté les intervenants, ne saurait être l’otage des rivalités politiques.
Les travaux, poursuivis tout au long de la journée, ont permis des échanges techniques approfondis et des clarifications attendues. À travers cette initiative, l’Assemblée nationale entend renforcer la culture de la responsabilité au sein des collectivités territoriales.
En filigrane, un objectif : doter les élus des outils nécessaires pour répondre efficacement aux attentes des populations et inscrire les communes du Haho dans une dynamique durable de performance et de transformation.
















