Grand Lomé : la ville se redessine par l’adressage

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Par René DOKOU, le 18 Décembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Le Grand Lomé entre dans une nouvelle phase structurante de son développement urbain. Mercredi 17 décembre 2025, un atelier de restitution consacré aux travaux d’actualisation et d’extension de l’adressage du District autonome du Grand Lomé (DAGL) s’est tenu dans la capitale togolaise. Financé par le Projet Environnement urbain de Lomé (PEUL), ce vaste chantier vise à doter l’agglomération d’un système d’adressage moderne, fiable et inclusif, capable de répondre aux exigences d’une métropole en pleine mutation.

Après les opérations menées en 1997 puis en 2014, Lomé se remet à l’ouvrage. Cette fois, l’ambition est claire : couvrir l’ensemble des 13 communes du Grand Lomé, intégrer les nouvelles extensions urbaines et tirer parti des technologies numériques pour une meilleure gestion de l’espace. Dans une ville confrontée à une forte croissance démographique et à une densification rapide de l’habitat, l’adressage apparaît comme un outil stratégique de gouvernance et de planification.

En ouvrant l’atelier, Tagba Ataféyinam Tchalim, représentant la gouverneure du DAGL, a rappelé l’enjeu central de cette réforme. « Nommer les rues, c’est organiser la ville et mieux gérer l’espace. C’est aussi valoriser l’histoire locale », a-t-il souligné, insistant sur la portée à la fois administrative, sociale et culturelle de l’adressage. Pour les autorités, il ne s’agit pas seulement d’installer des plaques ou de numéroter des habitations, mais de poser les bases d’une ville plus lisible, plus accessible et plus efficace.

Depuis la première phase d’adressage réalisée par l’ancienne commune de Lomé en 1997, le paysage urbain a profondément changé. L’essor économique, l’étalement des quartiers périphériques et l’augmentation des besoins en services publics ont rendu obsolète une partie du dispositif existant. D’où la nécessité d’une actualisation et d’une extension à l’échelle du Grand Lomé, désormais structuré en district autonome.

Selon Tagba Ataféyinam Tchalim, ce projet s’inscrit pleinement dans la feuille de route gouvernementale 2025, placée sous le sceau de l’inclusion sociale et du développement durable, impulsée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé. « Les travaux intègrent de nouvelles technologies d’informations géographiques », a-t-il précisé, soulignant la volonté de moderniser l’action publique et de rapprocher l’administration des citoyens.

Concrètement, plusieurs études techniques ont été conduites pour produire et mettre à jour les bases de données géographiques des adresses des 13 communes. Des outils web adaptés aux besoins des collectivités locales ont été développés, tandis que des formations spécifiques ont été organisées au profit des équipes du DAGL. Un manuel d’utilisation a également été élaboré afin d’assurer la pérennité et la bonne gestion du système.

Mais pourquoi relancer l’adressage aujourd’hui ? Pour Edjam-Etchaki Bassimouwé, directeur de la planification stratégique du DAGL, le constat est sans appel : l’adressage reste encore peu utilisé par une large partie de la population. « Nous avons repensé la manière de faire l’adressage. Le citoyen sera désormais impliqué dans le processus, en s’enregistrant lui-même dans la base de données », explique-t-il. L’objectif est double : encourager l’appropriation du système par les habitants et permettre aux services publics et privés de gagner en efficacité. Sécurité, santé, distribution du courrier, intervention des secours ou développement des activités économiques : les bénéfices attendus sont multiples.

La réalisation technique du projet, confiée à la société Edenmap, s’annonce d’une ampleur inédite. « Il y a plus de quatre millions d’habitants à Lomé, plus de 500 000 adresses à créer et environ 13 000 voies à dénommer », détaille Stéphane Goesbriand, responsable de l’entreprise. Un chantier colossal qui exige innovation méthodologique, outils numériques performants et coordination étroite avec des acteurs clés comme l’Agence Togo Digital.

Au cœur du dispositif, la participation citoyenne constitue l’une des principales nouveautés. « C’est une première en Afrique de faire collaborer l’ensemble de la population sur un projet d’adressage à cette échelle », se félicite Stéphane Goesbriand. À terme, chaque habitant du Grand Lomé devrait disposer d’une adresse officielle, reconnue et utilisable dans toutes les démarches administratives et économiques.

Au-delà des chiffres et des technologies, l’adressage du Grand Lomé marque une étape symbolique : celle d’une capitale qui se dote des outils nécessaires pour maîtriser sa croissance et préparer son avenir. Une ville mieux organisée, plus inclusive et plus attractive, à la hauteur de ses ambitions métropolitaines.

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