Par René DOKOU, le 02 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Dans un discours dense et très attendu devant le Congrès, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a livré une feuille de route institutionnelle et stratégique qui se veut à la fois claire, ambitieuse et structurante pour la nouvelle séquence politique du pays. Mais au-delà des orientations de gouvernance, un passage a marqué un tournant symbolique : l’annonce de mesures de grâce en faveur de certains détenus, présentée comme un geste humaniste, pensé et assumé.
« J’inscris d’ores et déjà le ministre de la Justice à me soumettre des mesures de grâce élaborées sur la base des principes d’équité et de justice concernant les dossiers des détenus purgeant une longue détention, de ceux qui ont commis des délits mineurs ou des détenus âgés, en fin de peine ou gravement malades », a déclaré le Chef de l’exécutif. Ce segment, accueilli avec une attention particulière par l’assemblée, ouvre une réflexion sur la dimension profondément humaine que le Président du Conseil souhaite réintroduire au cœur de la politique pénale.
S’il insiste sur l’exigence d’équilibre, Faure Gnassingbé fixe également des limites strictes : cette démarche ne concerne ni les crimes de sang, ni les atteintes graves à l’intégrité physique. « L’humanité ne doit jamais être confondue avec le laxisme », prévient-il, affirmant que la justice doit demeurer ferme, mais jamais dénuée de respect pour la dignité humaine. Il rappelle que les établissements pénitentiaires doivent être des lieux d’encadrement et de réinsertion, non de relégation.
Ce geste annoncé s’inscrit dans une architecture politique plus large visant à consolider une République protectrice et résolument tournée vers la modernisation. Devant les parlementaires réunis, le Président du Conseil a réaffirmé la nécessité d’une décentralisation plus efficace, d’une accélération de la feuille de route gouvernementale, d’un renforcement de la sécurité dans un environnement régional volatil et d’une transformation économique articulée autour de la productivité, de l’investissement et de l’innovation.
Dans un ton mesuré mais ferme, il a également insisté sur la responsabilité des institutions et la nécessité d’un nouveau cycle de gouvernance de résultats. « Je souhaite être jugé sur les actes plutôt que sur les intentions », a-t-il lancé, promettant un suivi rigoureux des politiques publiques, un renforcement de la redevabilité et une exemplarité accrue au sein de l’appareil gouvernemental. Le Parlement, auquel il attribue désormais un rôle central dans la définition de la politique nationale, est appelé à devenir un partenaire actif de cette dynamique.
À travers ce discours, Faure Gnassingbé propose une vision : celle d’un pays engagé dans un mouvement d’équilibre entre rigueur et humanité, entre stabilité et transformation. L’annonce d’une possible grâce présidentielle, soigneusement encadrée, en devient l’un des symboles les plus forts.
En clôturant son allocution par un appel à la mobilisation collective, il inscrit ce geste dans un horizon plus large : construire un Togo où la justice protège sans exclure, où l’État se veut à la fois ferme, moderne et profondément humain.
















