Par René DOKOU, le 20 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Un message privé, au ton direct et diplomatique à la fois, révèle les lignes de fracture et les tentatives de rapprochement entre Paris et Washington. « Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland », écrit Emmanuel Macron à Donald Trump dans un échange que Le Monde a pu consulter et que le président américain a lui-même rendu public sur son réseau Truth Social, mardi 20 janvier.
Dans ce message, authentifié par l’entourage du chef de l’État français, Emmanuel Macron propose l’organisation d’un sommet du G7 à Paris dès jeudi, en marge du Forum économique mondial de Davos. Une initiative ambitieuse, assortie d’une suggestion hautement sensible : inviter, « en marge » de la réunion, les Russes, mais aussi les Ukrainiens, les Danois et les Syriens. Une telle rencontre avec Moscou serait une première depuis près de quatre ans de guerre en Ukraine.
Le président français y affiche une volonté de dialogue stratégique tous azimuts. « Nous sommes totalement alignés sur la Syrie », écrit-il à son homologue américain, évoquant également des coopérations possibles sur l’Iran. Mais le message contient aussi une mise au point ferme sur le Groenland, territoire autonome danois au cœur de tensions diplomatiques, Emmanuel Macron rappelant implicitement l’attachement français au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale.
Côté français, l’entourage présidentiel insiste sur la cohérence de la ligne défendue : « En public comme en privé », Paris maintient que la sécurité de la région arctique relève d’un engagement clair des alliés de l’OTAN. La présidence française du G7 est, elle, présentée comme une opportunité pour relancer le dialogue et la coopération internationale dans un contexte géopolitique dégradé.
Reste que la divulgation de ce message privé par Donald Trump, geste peu courant dans les usages diplomatiques, souligne autant la tension des relations internationales que la fragilité des canaux de discussion entre alliés. Une diplomatie à découvert, où chaque mot peut désormais devenir un acte politique.
















