Éducation : le Togo comble son déficit d’enseignants

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Par René DOKOU, le 09 Septembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Pendant longtemps, l’école publique togolaise a été confrontée à une réalité préoccupante : un déficit criant d’enseignants. Ce manque chronique a freiné les ambitions de qualité et d’équité dans l’éducation, alimentant des classes surchargées et un encadrement insuffisant.

Mais aujourd’hui, la tendance s’inverse. Grâce à une politique volontariste de recrutement, de formation et de redéploiement, l’État a réussi à réduire considérablement ce gap, ramenant l’espoir dans les familles et les salles de classe.

Un déficit réduit de 41 % à 9 %

Selon les chiffres du ministère des Enseignements primaire et secondaire, le fossé en matière d’enseignants est désormais limité à 9 %, contre 41 % il y a seulement quelques années. Le recrutement de 4 500 enseignants supplémentaires, affectés à tous les niveaux du système éducatif, a joué un rôle décisif dans cette amélioration.

Cette dynamique, rare dans la sous-région, témoigne d’un engagement ferme des pouvoirs publics. Chaque année, 2 500 enseignants suivent une formation initiale, enrichie de sessions de formation continue. Les programmes intègrent les approches pédagogiques modernes, centrées sur l’acquisition de compétences et l’initiative des élèves. Objectif affiché : rendre l’enseignement plus interactif et adapté aux défis d’aujourd’hui.

Des classes moins bondées, un suivi renforcé

Le recrutement massif d’enseignants permet non seulement de combler les classes vacantes, mais aussi de réduire le ratio élèves-enseignant. Dans plusieurs établissements, les effectifs par salle, autrefois alarmants, deviennent plus gérables. Les enseignants peuvent désormais accorder davantage d’attention individuelle, améliorer le suivi et mieux respecter les calendriers scolaires.

« Nous ne sommes plus submergés par des classes de 90 ou 100 élèves, raconte un directeur d’école publique à Lomé. Aujourd’hui, la moyenne tourne autour de 45 à 50 élèves, ce qui change tout. »

Cette évolution se traduit par des résultats scolaires en nette progression. À la fin de l’année académique 2024-2025, le taux de réussite au Certificat d’études du premier degré (CEPD) a atteint 71,38 %. Au Brevet d’études du premier cycle (BEPC), 53,13 % des candidats ont franchi l’étape, tandis que les taux au Baccalauréat s’établissent à 62,49 % (première partie) et 72,43 % (deuxième partie).

La pierre angulaire des infrastructures

Le redressement du système ne s’arrête pas au recrutement. L’État a également mis l’accent sur les infrastructures. Entre 2021 et 2024, plus de 5 000 salles de classe ont été construites et équipées à travers le pays. Rien qu’entre 2022 et 2023, ce sont 1 035 nouvelles salles qui ont vu le jour dans les cinq régions économiques.

Ces efforts contribuent à alléger la pression sur les établissements existants, tout en rapprochant l’école des communautés rurales. Résultat : davantage d’enfants scolarisés dans de meilleures conditions, et des enseignants disposant d’espaces adaptés pour exercer leur métier.

Une dynamique durable jusqu’en 2030

Les autorités togolaises ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Des campagnes de recrutement et des programmes de formation sont programmés jusqu’en 2030, avec l’ambition d’atteindre une couverture complète des besoins. Les enseignants volontaires, longtemps colonne vertébrale du système, sont progressivement intégrés à la fonction publique. Cette régularisation, en plus d’assurer leur stabilité professionnelle, renforce leur motivation.

« Nous voulons bâtir un système éducatif inclusif, performant et résilient, insiste un responsable du ministère. Cela passe par la qualité de l’encadrement, la modernisation des méthodes et la consolidation des acquis. »

Vers une école plus inclusive et performante

L’impact de ces réformes est palpable : moins de redoublements, baisse des abandons et climat scolaire plus apaisé. Les parents, qui redoutaient autrefois des programmes inachevés ou des classes laissées sans maître, reprennent confiance.

Ce tournant est d’autant plus significatif qu’il dessine les contours d’une école togolaise capable de répondre aux aspirations de toute une génération. Une école où chaque enfant, quelle que soit sa région d’origine, a désormais plus de chances d’apprendre dans de bonnes conditions.

En réussissant à réduire drastiquement son déficit d’enseignants, le Togo envoie un signal fort : l’éducation, socle du développement, est au cœur de ses priorités. Un pari qui, à en juger par les résultats déjà enregistrés, pourrait transformer durablement le paysage éducatif national.

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