Eau potable : une priorité nationale

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Par René DOKOU, le 21 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- L’accès à l’eau potable est devenu l’un des axes stratégiques du gouvernement togolais. Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, en a fait une priorité, convaincu que la santé publique et le développement économique reposent sur une gestion sécurisée de cette ressource. À travers des investissements structurants et un plan d’extension du réseau, les stations de traitement d’eau potable se multiplient, transformant le quotidien des populations.

Les dangers de l’eau brute

Puisée dans les fleuves, nappes phréatiques ou lagunes, l’eau à l’état brut est loin d’être sans risque. Elle peut contenir bactéries, virus, déchets domestiques ou polluants chimiques tels que pesticides et métaux lourds. Sans traitement, elle devient vecteur de maladies graves : choléra, typhoïde, infections diarrhéiques. La sécurisation de l’eau est donc une condition sine qua non pour protéger les populations.

Rompre la chaîne de contamination

Les stations de traitement interviennent pour transformer cette eau brute en eau potable. Filtration, désinfection et contrôles de qualité rigoureux garantissent une eau sûre. Ce travail en amont permet non seulement de prévenir les maladies hydriques, mais aussi d’assurer un approvisionnement continu, indispensable aux services sociaux et aux activités économiques.

Cacavéli, pilier du dispositif national

Dans le Grand Lomé, la station de Cacavéli illustre cette ambition. Avec une capacité de 50.000 m³ par jour, elle alimente près de 3 millions d’habitants. Face à la croissance urbaine, des projets visent à augmenter cette capacité de 25.000 m³ supplémentaires. En 2023, l’État a renforcé l’infrastructure avec un laboratoire moderne de contrôle de la qualité de l’eau, financé à hauteur de 2 milliards de francs CFA par l’AFD et l’Union européenne. Ce laboratoire permet désormais des analyses avancées sur les métaux lourds et les eaux usées industrielles, renforçant la sécurité du réseau.

Un système diversifié et structuré

Le Togo dispose de plusieurs centres de production à Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong. Tous sont exploités par la TdE, qui assure production, distribution et maintenance. Le modèle togolais ne repose pas uniquement sur de grandes infrastructures centralisées : il combine stations décentralisées et systèmes d’adduction adaptés aux réalités locales. Cette organisation hybride permet d’étendre l’accès à l’eau potable aux zones rurales et périurbaines, souvent éloignées des réseaux classiques.

Des solutions adaptées aux communautés

À Agou, une station de 1.700 m³ par jour a été mise en place, avec pompes, réservoir et 12 km de conduites. Des bornes-fontaines offrent un accès direct aux populations. À Blitta, un système similaire a été déployé, mobilisant 13 milliards de francs CFA. Dans les zones rurales, des stations de plus petite taille complètent le dispositif. À Gapé-Kpédzi, une installation dessert 3.000 habitants grâce à la filtration lente sur sable et l’énergie solaire, pour un coût de 104,6 millions de francs CFA. Ces projets illustrent une approche pragmatique et durable.

Des résultats mesurables

En dix ans, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 47,66 % en 2014 à environ 72 % en 2025. Cette progression s’accompagne d’une baisse des maladies liées à l’eau et d’une amélioration des conditions de vie. Les stations de traitement deviennent ainsi des infrastructures stratégiques, invisibles mais essentielles, au croisement des enjeux sanitaires, sociaux et économiques.

Le Pash-Mut, un programme structurant

Lancé en 2023, le Programme d’aménagement de la sécurité hydrique en milieu urbain (Pash-Mut) prévoit 200.000 nouveaux branchements, l’extension du réseau dans plusieurs localités périphériques de Lomé et une réduction des pertes d’eau de 40 % à 20 %. À terme, des milliers de ménages bénéficieront d’un accès direct à l’eau potable. Ce programme illustre la volonté de l’État de consolider les acquis et d’anticiper les besoins futurs.

Une dynamique nationale vers le développement durable

Au fil des années, les stations de traitement d’eau s’imposent comme des infrastructures stratégiques. Elles garantissent chaque jour un accès sécurisé à une ressource vitale, condition indispensable à tout développement durable. Invisibles pour beaucoup, elles sont pourtant au cœur de la transformation sociale et économique du pays.

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