Par René DOKOU, le 02 Mars 2026
(IMPARTIAL ACTU)- À l’occasion de la célébration différée de la Journée internationale de la démocratie, commémorée chaque 15 septembre, le ministère de la Justice et des Droits humains a organisé, le vendredi 27 février 2026, une séance de sensibilisation à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest – Unité Universitaire au Togo (UCAO-UUT) à Sanguéra, dans la périphérie de Lomé.
Placée sous le thème : « Lutte contre la désinformation et renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle au Togo : quel rôle pour les jeunes ? », la rencontre s’inscrit dans une dynamique nationale amorcée auprès des élèves du Collège protestant et des étudiants de l’ESAG NDE.
L’initiative intervient dans un contexte marqué par l’expansion rapide des réseaux sociaux et des technologies numériques, qui redéfinissent les modes d’expression citoyenne tout en exposant les sociétés à de nouvelles vulnérabilités informationnelles.
Les défis démocratiques à l’ère digitale
La transformation numérique a profondément modifié le rapport à l’information. Si elle favorise une participation plus large au débat public, elle ouvre également la voie à la diffusion massive de contenus trompeurs ou manipulés.
La désinformation, amplifiée par les algorithmes et l’intelligence artificielle, constitue aujourd’hui un défi majeur pour les démocraties. Elle brouille les repères, polarise l’opinion et fragilise la confiance dans les institutions.
Au Togo, les autorités entendent anticiper ces dérives en misant sur l’éducation aux médias et l’esprit critique, notamment auprès des jeunes, considérés comme des acteurs clés de l’écosystème numérique.
Former des citoyens numériques responsables
Devant un amphithéâtre attentif, le directeur du Renforcement démocratique au ministère de la Justice et des Droits humains, M. Oubo M’bo, a souligné l’importance stratégique de cette campagne de sensibilisation.
Selon lui, cette démarche s’inscrit dans la Semaine mondiale consacrée à l’éducation aux médias et à l’information, cadre international visant à promouvoir une consommation responsable des contenus numériques.
« Le Secrétaire général des Nations Unies a rappelé l’importance d’une participation accrue des jeunes à la vie démocratique, particulièrement dans un contexte où la désinformation tend à supplanter l’information vérifiée », a-t-il indiqué. Un message en cohérence avec les orientations de l’Organisation des Nations unies, qui appelle les États à renforcer la résilience démocratique face aux manipulations informationnelles.
L’enjeu, a-t-il insisté, est de bâtir une culture démocratique solide, fondée sur la vérification des faits, la responsabilité individuelle et la vigilance collective.
Interaction et pédagogie participative
La séance n’a pas été qu’un exposé magistral. Les échanges ont été ponctués par un quiz interactif, conçu pour tester les réflexes des étudiants face à de fausses informations et leur apprendre à distinguer sources fiables et contenus douteux.
Cette approche participative a favorisé une implication active des jeunes, transformant la sensibilisation en véritable atelier d’apprentissage citoyen.
Lumen Akou Atakpa, étudiante en première année de Licence à l’UCAO-UUT, retient une leçon essentielle : « Avant de partager une information, il faut la vérifier. » Consciente des risques liés à la viralité des contenus, elle affirme avoir adopté une posture plus prudente sur les réseaux sociaux.
Une stratégie nationale élargie
Le succès de l’étape de Sanguéra conforte le ministère dans sa volonté d’étendre cette campagne à d’autres établissements d’enseignement supérieur, notamment l’Université de Lomé et l’Université de Kara.
L’objectif est clair : créer un réseau de jeunes ambassadeurs de la démocratie numérique capables d’agir comme relais dans leurs communautés respectives.
Au-delà de la sensibilisation ponctuelle, il s’agit d’ancrer durablement les valeurs démocratiques dans les pratiques quotidiennes, en dotant la jeunesse d’outils intellectuels adaptés aux réalités technologiques contemporaines.
Une vision politique assumée
Cette initiative s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, articulée autour de trois axes majeurs : protéger, rassembler et transformer.
Protéger les citoyens contre les manipulations informationnelles, rassembler autour de valeurs communes et transformer les défis numériques en opportunités démocratiques : telle est l’ambition affichée.
À travers cette campagne, le ministère de la Justice et des Droits humains réaffirme son rôle moteur dans la consolidation d’une démocratie responsable. Dans un monde hyperconnecté, où chaque clic peut influencer l’opinion publique, la bataille pour l’information fiable devient un enjeu civique central.
La jeunesse togolaise, désormais mieux outillée, est appelée à en être l’un des principaux remparts.
















