Cybersécurité : l’ANCy mise sur les médias

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Par René DOKOU, le 17 Décembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- L’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) place désormais les médias au cœur de sa stratégie de sensibilisation et de diffusion de l’information fiable en matière de sécurité numérique. C’est dans cette optique qu’une session de formation, de sensibilisation et d’information a été organisée ce mardi 16 décembre 2025 à Lomé à l’intention des professionnels des médias.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté affirmée de l’ANCy de renforcer la lutte contre la cybercriminalité, tout en promouvant une véritable culture de la cybersécurité au Togo et, plus largement, en Afrique. Face à la multiplication des menaces numériques, les médias sont appelés à jouer un rôle stratégique, non seulement dans l’éducation des populations, mais aussi dans la vulgarisation des bonnes pratiques numériques et la lutte contre la désinformation.

Au cours de cette rencontre, les responsables de l’ANCy ont dressé le bilan des actions menées en 2025 et présenté les principaux projets structurants réalisés, avant de dévoiler les perspectives prévues pour l’année 2026. Une démarche de transparence qui vise à renforcer la collaboration entre l’agence et les acteurs de l’information.

Selon le directeur général de l’ANCy, le Commandant Gbota Gwaliba, l’objectif principal de cette session est clair : « former les médias aux bonnes pratiques de cybersécurité afin de les aider à protéger leurs actifs informationnels ». Il a rappelé que les ordinateurs, serveurs, canaux de diffusion et comptes sur les réseaux sociaux constituent aujourd’hui les principaux outils de travail des journalistes. « S’ils ne sont pas sécurisés, ils deviennent des cibles faciles pour les cyberattaques, avec des risques importants de pertes de données, y compris des archives sensibles accumulées sur plusieurs années », a-t-il averti.

Sur le plan des réalisations, le Commandant Gbota Gwaliba a indiqué qu’en 2025, l’ANCy a entamé la mise en œuvre effective de la stratégie nationale de cybersécurité, notamment à travers son premier axe dédié à la promotion de la culture de la cybersécurité et au développement des compétences nationales.

Dans ce cadre, 250 informaticiens de l’administration publique suivent actuellement des formations certifiantes de haut niveau, représentant un investissement de plusieurs centaines de millions de francs CFA. L’objectif est de renforcer durablement la protection des ressources informationnelles de l’État.

Parallèlement, l’ANCy intensifie la coopération régionale à travers la signature de conventions et de partenariats entre agences africaines de cybersécurité. Le déploiement d’outils techniques, tels que le CERT (Computer Emergency Response Team), s’inscrit dans cette dynamique. Une collaboration jugée indispensable pour faire face à un phénomène par essence transnational comme la cybercriminalité.

Le directeur général de l’ANCy a également alerté sur la recrudescence des attaques par extorsion et rançongiciels, qui touchent aussi bien les entreprises que les institutions publiques. Ces attaques s’accompagnent souvent d’exigences financières élevées en échange de clés de déchiffrement. Il a, à cet effet, invité les populations et les organisations à faire confiance au CERT, accessible 24 heures sur 24, pour signaler toute attaque ou tentative suspecte.

Autre sujet de préoccupation majeur : les cyberviolences, dont les femmes sont particulièrement victimes. Le Commandant Gbota Gwaliba a évoqué des cas de diffusion d’images intimes, aux conséquences psychologiques parfois dramatiques, pouvant aller jusqu’à des tentatives de suicide. Une réalité qui appelle, selon lui, à une vigilance collective accrue.

Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, l’ANCy met également en garde contre de nouvelles formes d’attaques, notamment les deepfakes. « Aujourd’hui, un cybercriminel peut fabriquer une fausse vidéo de votre directeur vous demandant d’effectuer une transaction financière importante », a-t-il expliqué, soulignant que des comptables ont déjà été victimes de ce type d’escroquerie.

Dans ce contexte, l’ANCy insiste sur la nécessité pour les citoyens et les professionnels de devenir de véritables cyberacteurs responsables, capables de vérifier l’information, de signaler les incidents et de se former en continu. Pour 2026, l’agence prévoit des formations approfondies et spécialisées à l’endroit des médias, afin de renforcer durablement leurs capacités et d’en faire des relais crédibles et efficaces de la cybersécurité au Togo.

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