Crise énergétique : le Togo injecte 31 milliards FCFA pour stabiliser l’approvisionnement en électricité

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Par René DOKOU, le 15 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Face à une crise énergétique sans précédent ayant secoué le pays en 2024 et début 2025, le gouvernement togolais a débloqué une enveloppe de 31 milliards FCFA pour soutenir le secteur de l’électricité.

Un soutien massif pour un secteur stratégique

Cette décision a été annoncée récemment par le ministère des Mines et des Ressources Énergétiques, en réponse aux fortes perturbations de la fourniture d’énergie qui ont affecté aussi bien les ménages que les activités économiques.

Une crise d’ampleur régionale

Le Togo, à l’instar de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, a souffert de coupures d’électricité récurrentes sur plusieurs mois. Entre février et avril 2025, les difficultés se sont accentuées à cause de travaux de maintenance sur le gazoduc de la West African Gas Pipeline Company (WAPco), infrastructure essentielle à l’approvisionnement régional en gaz. Cette situation a fortement perturbé la production énergétique locale, principalement dépendante du gaz pour alimenter les centrales thermiques.

Des mesures d’urgence pour éviter l’effondrement

Pour faire face à cette crise, l’exécutif togolais a mis en œuvre une série de mesures d’urgence. Parmi elles, l’achat de combustibles liquides pour maintenir en fonctionnement les centrales thermiques et l’augmentation des importations d’électricité. Ces actions ont permis d’injecter jusqu’à 35 mégawatts supplémentaires dans le réseau national, selon les données officielles.

Le financement de ces initiatives a été en partie assuré par des partenaires financiers tels que la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), qui a également accordé un financement supplémentaire de 40 milliards FCFA en mars 2025 pour appuyer les dépenses urgentes du secteur.

Maintenir le cap vers l’électrification universelle

Malgré cette situation difficile, les autorités togolaises affirment que l’objectif de couverture universelle en électricité à l’horizon 2030 reste inchangé. Le ministère de l’Énergie rappelle que des projets structurants sont toujours en cours pour renforcer les infrastructures, diversifier les sources d’énergie et améliorer la résilience du système.

La croissance rapide de la demande en électricité, portée par l’urbanisation, l’industrialisation et le développement des zones rurales, rend ce défi encore plus complexe. Toutefois, le gouvernement semble déterminé à conjuguer réponse immédiate à la crise et poursuite des investissements à long terme.

Une mobilisation saluée mais des enjeux persistants

L’effort de l’État est salué par plusieurs observateurs, qui y voient un signal fort en faveur de la stabilité énergétique du pays. Toutefois, les défis restent nombreux : renforcer les capacités locales de production, sécuriser l’approvisionnement en gaz, développer davantage les énergies renouvelables, et améliorer l’efficacité de la gestion du secteur.

La crise de 2024-2025 aura au moins mis en lumière la vulnérabilité de certains maillons de la chaîne énergétique nationale. Pour y remédier durablement, une stratégie globale d’indépendance énergétique semble désormais incontournable.

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