Par René DOKOU, le 16 Décembre 2015
(IMPARTIAL ACTU)- Réunis à Abuja à l’occasion du 68ᵉ Sommet ordinaire des Chefs d’État et de gouvernement, tenu le dimanche 14 décembre, les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont acté un tournant stratégique majeur dans la consolidation de la sécurité régionale. À l’issue des travaux, l’organisation a officialisé la création prochaine d’une brigade régionale en attente, dont la mise en place est prévue à l’horizon 2026.
Cette nouvelle force, estimée à plus de mille soldats, se veut une réponse structurée et anticipative aux menaces multiformes qui continuent de fragiliser l’espace ouest-africain. Le projet a été annoncé en présence de plusieurs Chefs d’État, parmi lesquels le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, soulignant l’adhésion politique au plus haut niveau à cette initiative sécuritaire.
Selon le mandat défini, la brigade aura pour missions prioritaires la lutte contre l’extrémisme violent, la prévention des changements de régime non constitutionnels et l’endiguement des dynamiques récurrentes de déstabilisation politique. Son déploiement vise ainsi à doter la CEDEAO d’un instrument opérationnel capable d’intervenir rapidement face aux crises sécuritaires et institutionnelles.
La décision intervient dans un contexte régional marqué par la persistance du terrorisme, la montée des radicalismes et les défis liés à la gestion des flux migratoires incontrôlés. Les dirigeants ont également évoqué les tentatives répétées de déstabilisation politique observées dans la sous-région, dont un récent épisode au Bénin, pour justifier la nécessité d’une force prépositionnée et réactive.
Au-delà de la dimension sécuritaire, le Sommet d’Abuja a été l’occasion d’une réflexion approfondie sur l’avenir de la CEDEAO, à l’aune de sa Vision 2050. Les Chefs d’État ont réaffirmé leur ambition de bâtir une communauté intégrée et résiliente, fondée sur la prospérité partagée.
Cet engagement passe notamment par l’accélération de la mise en place d’un véritable marché unique, le renforcement de la coordination des politiques fiscales et la promotion d’une stabilité macroéconomique durable. Autant de chantiers jugés essentiels pour consolider la paix, stimuler la croissance et renforcer la cohésion régionale dans un environnement international de plus en plus incertain.
















