Cantines scolaires : le Catholic Relief Services mise sur les vivres locaux

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Par René DOKOU, le 04 Juin 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le 4 juin 2026, la ville de Kara a accueilli un atelier stratégique organisé le CRS ( Catholic Relief Services) et consacré aux achats de vivres locaux. Cette rencontre, placée sous l’égide de la Centrale des Organisations de Producteurs (CTOP), a réuni coopératives, acteurs institutionnels et partenaires techniques autour d’un objectif commun : renforcer l’efficacité du mécanisme d’approvisionnement des cantines scolaires.

L’ouverture des travaux a été présidée par Mme Nakpergou Noumpo, vice-présidente du Conseil d’administration de la CTOP.

 

Un projet aux multiples ambitions

Mis en œuvre par Catholic Relief Services (CRS) avec l’appui du programme McGovern-Dole du Département américain de l’Agriculture, le projet s’étend sur la période 2023-2028. Il intervient dans 202 écoles primaires publiques des préfectures de Dankpen, Kéran et Oti-Sud. Ses objectifs sont triples :

améliorer l’alphabétisation des enfants, promouvoir de bonnes pratiques en nutrition, santé et hygiène, renforcer l’efficacité de l’aide alimentaire par les achats locaux et régionaux.

Les bénéficiaires directs incluent les élèves, les enseignants, les femmes enceintes et allaitantes ainsi que les enfants de moins de deux ans.

Les cantines, levier éducatif et social

Pour Mme Noumpo, les cantines scolaires dépassent la simple fourniture de repas chauds. Elles constituent un instrument puissant pour accroître la fréquentation scolaire, réduire l’abandon, améliorer les capacités d’apprentissage et garantir un meilleur état nutritionnel des enfants. Les politiques nationales encouragent d’ailleurs l’approvisionnement local, avec une exigence claire : au moins 40 % des ressources mobilisées doivent provenir des producteurs togolais.

« Cette orientation traduit une volonté de faire des cantines scolaires un moteur du développement local », a-t-elle souligné, insistant sur la création de débouchés durables et la stimulation des économies rurales.

Capitaliser les acquis et relever les défis

L’atelier de Kara avait pour mission de dresser un bilan des expériences de l’année fiscale 2026. Les discussions ont porté sur la qualité des vivres, le respect des engagements contractuels, la logistique de livraison et la gestion post-récolte. Les acteurs ont également identifié les contraintes liées à la constitution des dossiers d’offres, à la coordination entre organisations et à la durabilité du mécanisme.

Il s’agissait de transformer ces constats en opportunités, en proposant des mesures concrètes pour améliorer l’organisation des coopératives et la performance du système d’achats locaux, notamment dans la filière niébé.

Une opportunité pour les producteurs

Dans son intervention, Akoda Kodjo, représentant de l’ANADEB, a rappelé que le CRS ( Catholic Relief Services) poursuit une ambition noble : améliorer l’éducation et la nutrition des enfants à travers l’approvisionnement des cantines. Mais au-delà de cette mission sociale, le mécanisme des achats locaux représente une véritable opportunité économique.

Il ouvre des marchés rémunérateurs, stimule la production nationale, renforce les capacités organisationnelles des coopératives et favorise le développement des territoires ruraux. « Depuis la signature du protocole d’accord entre CRS et la CTOP, les coopératives se sont mobilisées pour répondre aux exigences de qualité et de délais », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant les défis rencontrés.

Vers un système plus inclusif

Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de transformer l’atelier en un cadre d’échanges sincères et constructifs. L’objectif n’était pas seulement de dresser un bilan, mais de tirer les leçons des expériences passées afin de bâtir un système plus performant, inclusif et durable.

Les discussions ont mis en lumière l’importance de la planification des approvisionnements, de la disponibilité des produits et du respect des procédures. Les participants ont convenu que seule une meilleure coordination entre producteurs, unions et techniciens d’accompagnement permettra de consolider les acquis.

Un mécanisme stratégique

Le Local and Regional Procurement (LRP), est perçu comme un mécanisme stratégique. Il favorise l’intégration des producteurs locaux dans les circuits d’approvisionnement, tout en garantissant aux cantines scolaires des vivres de qualité. En stimulant la filière niébé et d’autres productions locales, il contribue à la sécurité alimentaire et à la résilience des communautés rurales.

Les acteurs ont souligné que ce dispositif doit être renforcé par une meilleure organisation logistique, une gestion rigoureuse des stocks et une implication accrue des comités de gestion des écoles.

Une dynamique collective

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : la réussite du projet repose sur une dynamique collective. Les coopératives doivent continuer à améliorer leurs pratiques, les institutions doivent accompagner les producteurs, et les partenaires techniques doivent assurer un suivi rapproché.

Mme Noumpo a conclu en rappelant que les cantines scolaires sont un pilier de l’éducation et du développement local. « En intégrant les producteurs dans le mécanisme d’approvisionnement, nous construisons un système alimentaire plus résilient et plus équitable », a-t-elle affirmé.

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