Par René DOKOU, le 20 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- En 2026, le Togo prévoit de mobiliser 1 338,9 milliards FCFA de recettes fiscales, selon la loi de finances. Comme les exercices précédents, l’architecture budgétaire repose largement sur un noyau restreint d’impôts à fort rendement, dominé par les prélèvements indirects.
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) demeure le pilier central de l’effort fiscal. La TVA intérieure est projetée à 189,4 milliards FCFA, tandis que la TVA perçue à l’importation atteindrait 351,2 milliards FCFA, confirmant le poids décisif de la consommation et des échanges extérieurs dans la mobilisation des ressources publiques.
Les droits de douane et taxes assimilées constituent le deuxième bloc majeur des recettes, avec une projection de 211,5 milliards FCFA. Cette performance s’explique par le positionnement stratégique du port de Lomé et le rôle du Togo comme porte d’entrée commerciale vers l’hinterland ouest-africain. Les recettes liées au commerce extérieur continuent ainsi de peser lourdement dans les prévisions de l’Office togolais des recettes (OTR).
L’impôt sur les sociétés complète le trio de tête, attendu à 201,1 milliards FCFA. L’impôt sur les traitements et salaires, prélevé à la source, assure pour sa part une base de recettes régulière, soutenue par la progression de l’emploi formel.
À l’inverse, plusieurs postes demeurent marginaux. Les taxes foncières et immobilières, malgré leur potentiel, ne devraient générer que 3,7 milliards FCFA en 2026. Les droits d’enregistrement et de timbre sont projetés à 18 milliards FCFA, tandis que les autres recettes fiscales diverses, incluant amendes et pénalités, atteindraient 2,28 milliards FCFA, sans impact significatif sur l’équilibre global.
Les recettes non fiscales occupent, elles, une place secondaire. Estimées à 88,9 milliards FCFA, elles proviennent essentiellement des redevances, des dividendes des entreprises publiques et des recettes administratives. Les redevances minières sont attendues à 10,38 milliards FCFA, celles issues des activités aéroportuaires à 3,97 milliards FCFA, des niveaux largement inférieurs aux recettes fiscales majeures.
À ces ressources s’ajoutent les dons et appuis extérieurs, projetés à 166,9 milliards FCFA, principalement fournis par des partenaires internationaux tels que la Banque mondiale et le FMI.
Enfin, l’État togolais prévoit de lever 463,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA, soit environ 17 % du budget annuel.
Au total, les recettes fiscales devraient représenter 48,7 % d’un budget général fixé à 2 751,5 milliards FCFA, en hausse de 14,8 % sur un an. Dans ce schéma, l’OTR conserve un rôle central, reflet de la dépendance persistante des finances publiques togolaises aux impôts indirects et au dynamisme des échanges commerciaux.
















