Adjafi 2026 : les TPME à l’école du financement

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Par René DOKOU, le 27 Août 2026

(IMPARTIAL ACTU)- À Lomé, le premier panel de la 14ᵉ édition de la foire Adjafi, tenu le 26 août 2026, a placé les projecteurs sur un défi majeur : l’accès des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) aux financements. Les échanges ont permis de décortiquer les mécanismes disponibles, les critères de bancabilité et les erreurs à éviter pour espérer convaincre les banques et investisseurs.

Les TPME, poids lourd mais fragiles face au crédit

Les intervenants ont rappelé le paradoxe du tissu entrepreneurial togolais : plus de 90 % des entreprises sont des TPME, mais elles ne captent que 18 % des crédits bancaires. Le secteur agroalimentaire est encore plus marginalisé, avec à peine 1,5 % des fonds disponibles. Ce déséquilibre freine l’innovation et la compétitivité, malgré le rôle stratégique de ces structures dans l’économie nationale.

Bancabilité : convaincre avant tout

Pour Dieudonné Tchably, manager du HUB d’innovation Africa Coworkers, la bancabilité est la clé. Elle repose sur la capacité d’une entreprise à prouver sa solidité et son potentiel. Existence juridique claire, comptabilité fiable, garanties adaptées et surtout preuve de marché sont indispensables. « Le problème n’est pas seulement de trouver de l’argent, mais de démontrer que ce que l’on produit répond à une demande réelle », a-t-il insisté.

Comptabilité, un outil stratégique

Ismael Tanko, expert en création et gestion d’entreprises, a mis en garde contre le recours trop rapide au crédit. Il recommande aux jeunes entrepreneurs de privilégier les fonds propres et d’acquérir de l’expérience avant de solliciter des prêts. La comptabilité, selon lui, n’est pas qu’une obligation administrative : elle constitue un véritable tableau de bord pour mesurer les performances et préparer les documents nécessaires à convaincre les partenaires financiers.

Les mécanismes de financement passés au crible

Les panélistes ont présenté une palette de solutions : bootstrapping, autofinancement, concours, subventions, dispositifs de garantie, crédit fournisseur, prêts bancaires classiques ou encore ouverture du capital. Le choix dépend de la maturité de l’entreprise et de la nature du projet. L’enjeu est de trouver le mécanisme adapté, capable de soutenir une croissance durable.

Les erreurs qui coûtent cher

Le manque de traçabilité, l’absence de comptabilité, la méconnaissance des opportunités, le déficit de confiance en soi ou encore la volonté de tout gérer seul sont autant de freins identifiés. « Même Jésus s’est entouré de disciples », a rappelé Dieudonné Tchably, invitant les entrepreneurs à se former, à rechercher activement les opportunités et à s’entourer de personnes compétentes.

Confiance et accompagnement, leviers essentiels

Au-delà des chiffres et des dispositifs, les experts ont insisté sur l’importance de croire en son projet, d’oser et d’accepter l’accompagnement. La réussite entrepreneuriale repose autant sur la qualité du dossier que sur la capacité à bâtir un réseau solide.

L’Espace Finance, Business & Web en perspective

Pour prolonger ces réflexions, Adjafi ouvrira du 1er au 3 septembre 2026 un espace dédié au financement et à l’accompagnement. Banques, cabinets spécialisés et structures de conseil y seront présents pour examiner les dossiers, conseiller les entrepreneurs et améliorer leurs plans d’affaires.

Une foire tournée vers l’avenir

La 14ᵉ édition de la foire Adjafi se poursuit jusqu’au 6 septembre, avec une programmation axée sur l’agro-transformation, la qualité et la compétitivité des TPME. Plus qu’un salon, elle s’affirme comme une plateforme de solutions, où les jeunes entreprises trouvent les outils pour franchir un cap décisif vers la bancabilité et la croissance.

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