À Séville, le Togo plaide pour un ordre économique mondial plus équitable

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Par René DOKOU, le 02 Juillet 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo a activement participé mardi à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville, en Espagne. Porteur de la voix du président Faure Gnassingbé, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures, Sani Yaya, a livré un discours engagé, appelant à une refonte urgente et équitable du système financier international.

Devant un parterre de décideurs, de partenaires multilatéraux et de représentants d’États, le ministre a salué l’organisation de cette rencontre mondiale, qu’il a qualifiée de « moment charnière » face à la multiplication des crises mondiales : endettement, changements climatiques, conflits géopolitiques et instabilité sécuritaire.

« Pour les pays africains, ces crises combinées limitent dangereusement l’espace budgétaire et hypothèquent la capacité à financer les services sociaux, les infrastructures stratégiques et la transition verte », a alerté le ministre togolais.

Un plaidoyer fort pour une réforme structurelle

Le Togo a renouvelé son appel à un mécanisme multilatéral, transparent et consensuel de restructuration de la dette, tel que recommandé à la Conférence de l’Union africaine sur la dette, organisée à Lomé en mai dernier. L’objectif : restaurer la soutenabilité budgétaire des États sans compromettre leur développement.

Dans cette dynamique, Sani Yaya a défendu plusieurs propositions structurantes :

Une refonte de la gouvernance financière mondiale,

Le recours accru aux instruments hybrides de financement basés sur les Droits de tirage spéciaux (DTS),

Un soutien renforcé à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf),

Une revalorisation du risque africain par les agences de notation internationales.

Le Togo a par ailleurs plaidé pour l’adoption d’une convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale, dans le but de promouvoir la transparence fiscale, l’équité et la lutte contre les flux financiers illicites.

Un appel pressant pour le financement climatique

Sur le front climatique, le ministre a été clair : l’Afrique est victime d’un dérèglement climatique auquel elle a peu contribué, et mérite, de ce fait, un accès rapide et sans condition excessive aux financements climatiques, notamment pour l’adaptation.

« Nous demandons des mécanismes de financement plus simples, plus prévisibles et adaptés aux réalités africaines », a insisté Sani Yaya.

Pour un système plus représentatif

Clôturant son intervention, le représentant togolais a appelé à une transformation réelle et mesurable du système international de financement du développement, incluant une meilleure représentation des pays en développement dans les instances décisionnelles mondiales.

« Cette conférence de Séville doit marquer un tournant décisif vers un ordre économique mondial plus juste », a-t-il affirmé.

À travers cette participation remarquée, le Togo confirme son engagement pour une réforme profonde de la gouvernance économique mondiale, et réaffirme sa vision d’un développement durable, équitable et souverainement financé.

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