Consommer local : la CCI-Togo adresse un message à chaque acteur de l’économie

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Par René DOKOU, le 09 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Une même ambition, mais cinq feuilles de route. Au lancement de la 7ᵉ édition du « Mois du Consommer Local », le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), Dr José Kwassi Symenouh, a désigné ce que chaque acteur doit faire pour que le produit local s’impose. Producteurs, distributeurs, banques, pouvoirs publics et consommateurs ont tous eu droit à leur message.

La cérémonie, organisée sous le thème « Consommation locale, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique : défis et opportunités », a rassemblé des membres du Gouvernement, la Gouverneure du District Autonome du Grand Lomé, le Représentant Résident de la Commission de l’UEMOA, des diplomates, des partenaires techniques et financiers ainsi que des opérateurs économiques.

Le postulat : le produit local doit se mériter

Avant de s’adresser à chacun, le président de la CCI-Togo a posé le principe qui guide son discours : consommer local ne signifie pas consommer « par solidarité ou par complaisance ». Le consommateur choisit d’abord un produit parce qu’il répond à ses attentes : qualité, prix, disponibilité, régularité, présentation, innovation et service.

Le défi, selon lui, est de faire du produit local « un produit que l’on choisit, et non simplement un produit que l’on encourage ». Il invite ainsi à dépasser la promotion commerciale pour voir dans le « Consommer local » un véritable choix économique et stratégique.

Aux producteurs et transformateurs : produire pour être choisis

Le premier message s’adresse à ceux qui fabriquent. Dr Symenouh leur demande d’investir dans la qualité, la régularité, l’innovation et la valeur ajoutée. La compétitivité, a-t-il détaillé, passe par le respect des normes, la certification, le packaging, la traçabilité et la capacité à assurer une offre constante.

Il a aussi plaidé pour une transformation plus poussée des ressources nationales. Exporter des matières premières pour réimporter des produits transformés, c’est laisser échapper « une grande partie de la valeur créée ». L’objectif est de développer des chaînes de valeur créatrices de revenus, d’emplois et de compétences.

Aux distributeurs et grandes entreprises : ouvrir les portes

Aux acteurs de la distribution et aux grandes entreprises, le président demande d’ouvrir davantage leurs chaînes d’approvisionnement aux entreprises togolaises capables de répondre aux exigences du marché. Un bon produit sans débouché reste, selon lui, « une opportunité inachevée ».

La CCI-Togo entend jouer pleinement son rôle de passerelle entre producteurs, transformateurs, distributeurs, institutions publiques et financières, en facilitant l’accès à l’information, aux opportunités d’affaires et aux partenariats, au niveau national comme régional.

Aux institutions financières : financer la montée en gamme

Les banques et autres institutions financières sont invitées à accompagner davantage les entreprises qui investissent dans la transformation, la modernisation, la qualité et l’accès aux marchés. Sans financement adapté, la montée en qualité demandée aux producteurs resterait un vœu pieux.

Aux pouvoirs publics : poursuivre l’effort

Aux pouvoirs publics et aux institutions, Dr Symenouh demande de poursuivre les efforts pour créer un environnement favorable à l’investissement et à la compétitivité. Il a replacé cet appel dans un contexte mondial incertain, marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les barrières tarifaires.

« Une économie dépendante de l’extérieur est une économie vulnérable », a-t-il prévenu, tout en précisant que la souveraineté économique « ne signifie pas le repli sur soi ». Elle suppose de mieux valoriser ses ressources, de renforcer le tissu productif et de maîtriser davantage les chaînes de valeur.

Aux consommateurs : un acte économique

Dernier maillon, le consommateur est appelé à faire du choix du produit local « un acte économique fondé sur la qualité et la compétitivité ». Le président souhaite l’entendre dire : « Je choisis ce produit parce qu’il est bon, compétitif et qu’il répond à mes attentes. »

Du marché togolais à l’espace régional

Pour Dr Symenouh, le marché togolais n’est qu’un point de départ : « Le local n’est pas une frontière. Il est une base de départ. » L’espace UEMOA et le marché ouest-africain constituent des espaces d’expansion, et la position géographique du Togo, ses infrastructures portuaires et logistiques sont des atouts à transformer en opportunités commerciales.

Octobre, « un accélérateur »

Le programme de cette édition prévoit une exposition-vente de produits issus des régions, des échanges autour du thème central, des actions de formation et de sensibilisation, ainsi que des activités de promotion des produits locaux. La CCI-Togo s’engage par ailleurs à accompagner les entreprises dans leur développement, leur modernisation, leur digitalisation et leur accès aux marchés.

Le président a toutefois insisté : le mois d’octobre ne doit pas être « une parenthèse », mais « un accélérateur » au service d’une stratégie permanente. Son souhait : que le produit local ne soit plus seulement exposé, mais choisi ; qu’il ne soit plus seulement consommé au Togo, mais exporté.

Initiative de l’espace UEMOA depuis 2019, le « Mois du Consommer Local » se tient chaque année en octobre. Dr Symenouh a clôturé son propos par une citation du Président du Faso, Ibrahim Traoré, pour qui consommer local est « une stratégie vitale pour stimuler notre industrie, créer des emplois décents et garantir une résilience face aux défis mondiaux ».

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