Handicap : de la loi aux budgets, l’Afrique se mobilise à Lomé

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Par René DOKOU, le 08 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Comment donner corps aux droits des personnes handicapées quand les caisses restent trop maigres ? C’est la question que posent, depuis mardi 6 octobre 2026 à Lomé, les acteurs du continent réunis en dialogue politique régional. Pendant trois jours, une quarantaine de participants y examinent les moyens de financer durablement l’inclusion.

Une mobilisation continentale

La rencontre est portée par le Forum africain des personnes handicapées, en partenariat avec l’Alliance internationale des personnes handicapées et l’UNICEF. Elle ambitionne de faire émerger une position africaine commune. Celle-ci doit servir de socle au plaidoyer mené auprès des institutions régionales, afin que les attentes des personnes handicapées pèsent davantage dans les décisions du continent.

Des lois, mais peu de moyens

Le diagnostic partagé par les participants est sans détour : plusieurs États se sont dotés de cadres juridiques favorables à l’inclusion, mais leur application bute sur des ressources insuffisantes et éparpillées. Le texte existe, l’enveloppe manque. La priorité affichée consiste donc à intégrer systématiquement les besoins des personnes handicapées dans les budgets publics et dans les systèmes de gestion des finances publiques, de manière à sortir l’inclusion du statut de dépense accessoire.

À la recherche de relais financiers

Les travaux explorent également des sources de financement encore peu mobilisées. Les mécanismes liés au climat, à l’égalité des sexes, à la philanthropie et à la dette figurent parmi les pistes étudiées. L’idée est de diversifier les ressources pour ne plus dépendre d’un nombre restreint de bailleurs ou des seules lignes budgétaires nationales, et de rattacher la cause du handicap à des agendas internationaux qui disposent déjà de fonds.

Le Togo, un engagement ancien

Le pays hôte arrive à cette table avec des références. Kodjo Agbonon, directeur de cabinet du ministère des Solidarités, a rappelé que le Togo a ratifié en 2011 la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Le pays a aussi ratifié le protocole africain consacré à ces droits, ce qui l’inscrit dans le double cadre onusien et continental.

Des actions déjà engagées

Sur le terrain, l’inclusion économique a connu des avancées récentes. En juin 2026, le gouvernement a lancé la distribution d’équipements dans le cadre du Projet d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées. Doté de plus d’un milliard de FCFA, ce programme vise plus d’un million de bénéficiaires, selon les chiffres communiqués.

Parallèlement, Lomé prépare un nouveau cadre juridique sur les droits des personnes handicapées. Le texte doit couvrir la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi et la protection sociale, soit l’ensemble des domaines où l’exclusion se manifeste le plus nettement.

Un enjeu de crédibilité

Au-delà des déclarations, l’enjeu de ce rendez-vous tient à sa capacité à produire des résultats concrets. Une position africaine commune, appuyée sur des propositions budgétaires précises, donnerait du poids aux revendications des organisations de personnes handicapées face aux gouvernements comme aux partenaires techniques et financiers.

À Lomé, les délégués savent que la bataille se joue désormais moins sur la reconnaissance des droits que sur leur financement. C’est ce passage de la promesse à l’action que les conclusions du dialogue devront rendre possible.

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