ARCOP : des soupçons de fraude dans l’appel d’offres du projet PEREL PLUS

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Par René DOKOU, le 07 Septembre 2026

Résumé : L’ARCOP a confirmé l’existence de déclarations mensongères dans l’offre du groupement ULEE INTERNATIONAL GROUP Ltd / ABEL COMPAGNIE, engagé dans le projet PEREL PLUS. Les documents administratifs produits appartenaient à une société distincte, créée après le lancement de l’appel d’offres, sans lien juridique avec ULEE INTERNATIONAL GROUP Ltd. L’affaire, marquée par des antécédents de fraude en 2025, sera portée devant le Comité de règlement des différends. Cette décision souligne l’importance de la transparence et de la rigueur dans la gestion des marchés publics au Togo.

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Une dénonciation qui secoue le secteur de l’énergie
(IMPARTIAL ACTU)- Le 9 juillet 2026, l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a été saisie d’une dénonciation anonyme mettant en lumière de possibles irrégularités dans la procédure d’extension des réseaux moyenne et basse tension du Projet PEREL PLUS à Lomé.

Une dénonciation qui secoue le secteur de l’énergie

Le signalement vise directement le groupement ULEE INTERNATIONAL GROUP Ltd / ABEL COMPAGNIE, accusé d’avoir produit des documents administratifs douteux et de masquer sa véritable situation juridique.

Des incohérences troublantes

Selon le dénonciateur, la société ULEE GROUP INTERNATIONAL Sarl n’a été immatriculée que le 19 mars 2026, soit après le lancement de l’appel d’offres. Pourtant, des pièces administratives au nom de cette entité se retrouvent dans l’offre du groupement. Plus grave encore, une société portant une dénomination proche, ULEE INTERNATIONAL (HK) Ltd, avait déjà été écartée en 2025 pour avoir fourni des références falsifiées lors d’un autre marché public.

L’audition de la CEET

Face à ces accusations, l’ARCOP a auditionné Ladani Yambandjo, Personne responsable des marchés publics (PRMP) de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET). Celui-ci a confirmé la participation du groupement ULEE/ABEL, mais a déclaré ne pas connaître l’existence de la société ULEE GROUP INTERNATIONAL Sarl. Il a insisté sur le fait qu’aucune confusion entre deux entités distinctes n’avait été relevée lors de l’évaluation des offres techniques.

Deux sociétés aux liens incertains

L’enquête documentaire révèle que ULEE INTERNATIONAL GROUP Ltd, immatriculée à Hong Kong en 2006, est dirigée par Quili Yu et Jérôme Cathus. De son côté, ULEE GROUP INTERNATIONAL Sarl, créée en mars 2026 au Togo, est gérée par Assi Ossey Cyriaque. Les parts sociales de cette dernière sont réparties entre Assi Ossey Cyriaque, Jérôme Cathus et la société CATP DEV, sans qu’aucun actionnaire ne détienne la majorité. Conclusion : les deux entités sont juridiquement indépendantes, sans lien de filiale ou de succursale.

Des documents administratifs suspects

Malgré cette distinction, l’offre du groupement ULEE/ABEL contenait des documents administratifs au nom de la société togolaise nouvellement créée. Attestations fiscales, immatriculation, affiliation à la sécurité sociale… autant de pièces qui ne devraient pas figurer dans le dossier d’une société étrangère. Pour l’ARCOP, cette substitution constitue une déclaration mensongère, visant à masquer la situation réelle de l’entreprise.

Des antécédents compromettants

Les investigations rappellent également qu’en 2025, le groupement ULEE INTERNATIONAL GROUP Ltd avait été disqualifié lors d’un marché de la SP-EAU à Kara pour avoir fourni de fausses références techniques. Le procès-verbal de réception des travaux de châteaux d’eau en RDC, présenté comme preuve, avait été jugé non authentique. Cette violation grave, restée sans sanction, jette une ombre sur la crédibilité du groupement.

Une stratégie de dissimulation

Pour l’ARCOP, l’utilisation des documents d’une société nouvellement créée en 2026 traduit une volonté de maquiller les antécédents du groupement et de contourner les obligations administratives. Cette pratique, assimilée à une fraude, remet en cause la transparence et l’intégrité du processus de passation des marchés publics.

La décision de l’ARCOP

Au terme de ses investigations, l’ARCOP conclut que les faits reprochés sont avérés. L’institution estime qu’il existe des indices graves de déclarations mensongères dans la participation du groupement ULEE/ABEL au projet PEREL PLUS. La dénonciation est jugée fondée, et le dossier sera transmis au Comité de règlement des différends (CRD) en formation disciplinaire. L’autorité contractante est invitée à tirer toutes les conséquences avant l’achèvement du processus.

Une affaire qui interpelle

Cette affaire met en lumière les failles persistantes dans la régulation des marchés publics au Togo. Elle pose la question de la vigilance des autorités face aux pratiques frauduleuses et de la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle. Elle illustre également les risques liés à la multiplication de sociétés-écrans utilisées pour contourner les règles.

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