Faure Gnassingbé : l’Afrique ne veut plus regarder le match, elle veut écrire les règles

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Par René DOKOU, le 31 Août 2026

(IMPARTIAL ACTU)- L’Afrique ne veut plus être simplement spectatrice des grandes décisions internationales. Elle veut participer à leur élaboration. C’est l’un des messages qui se dégagent de la présence du Togo dans les grands rendez-vous diplomatiques internationaux et de l’engagement du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en faveur d’un multilatéralisme davantage adapté aux réalités du XXIᵉ siècle.

Pour Lomé, le constat est simple : les règles du monde ont été largement définies dans un contexte qui ne correspond plus à la réalité actuelle. La démographie africaine, ses ressources, ses marchés, son potentiel énergétique et son poids géostratégique ont profondément changé la donne. Pourtant, la représentation du continent dans les grandes institutions internationales demeure largement en décalage avec cette nouvelle réalité.

« L’Afrique ne demande pas une place VIP. Elle demande sa vraie place. » Cette vision traduit une revendication devenue centrale : davantage de voix africaines là où se prennent les décisions qui concernent l’avenir du monde.

L’enjeu dépasse la seule question de représentation. Il touche également à la capacité des États africains à défendre leurs propres intérêts dans un environnement international devenu plus concurrentiel. Pour le Togo, le continent ne doit pas être contraint de choisir entre différents pôles de puissance. Il doit pouvoir travailler avec tous lorsque cela sert ses intérêts.

« Notre continent ne doit pas choisir entre Est et Ouest. Il doit d’abord choisir ce qui fonctionne pour lui. » Une approche qui rejoint la volonté togolaise de développer des relations multiples avec différents partenaires et de soutenir une coopération plus directe entre les pays du Sud.

Dans cette perspective, le monde multipolaire ne doit pas devenir un nouveau terrain d’affrontement entre blocs. « Multipolaire, oui. Guerre des camps, non. » L’objectif affiché est plutôt de construire un système international plus équilibré, où les différents centres de pouvoir peuvent dialoguer et coopérer.

Cette vision concerne également l’Organisation des Nations unies. Pour Lomé, l’ONU reste indispensable, mais ses règles doivent évoluer pour mieux refléter les réalités contemporaines. « 1945, c’était il y a longtemps » : derrière cette formule directe se trouve une demande de modernisation du système multilatéral et de meilleure prise en compte du poids des pays émergents et du continent africain.

Le Togo entend ainsi contribuer à cette conversation mondiale non pas en se contentant de dénoncer les déséquilibres, mais en multipliant les espaces de dialogue et de coopération. L’ambition est de faire entendre une voix africaine capable de défendre ses intérêts tout en restant ouverte au partenariat.

Car pour Lomé, l’Afrique ne doit plus être uniquement consultée après les crises. Elle doit pouvoir participer avant, pendant et au moment où les grandes décisions sont prises. C’est à ce prix que le continent pourra passer du statut de terrain de jeu des autres à celui d’acteur à part entière du nouvel ordre mondial.

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