Togo : 5 milliards pour dynamiser Kara et Savanes

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Par René DOKOU, le 03 Août 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le développement du Togo se redessine désormais dans ses territoires. Après l’installation des 117 communes et des conseils régionaux, l’État mise sur une gouvernance de proximité pour transformer la décentralisation en résultats tangibles. Le projet Gnozou, lancé en juin 2026 à Kara, incarne cette ambition : près de 5 milliards de francs CFA seront investis dans les régions de la Kara et des Savanes pour renforcer l’emploi, la transparence et la valorisation des ressources locales.

Un projet structurant

Porté par le gouvernement avec l’appui de la Coopération allemande via la GIZ et financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), Gnozou s’étend sur quatre ans. Son objectif : donner aux acteurs locaux les moyens d’exploiter durablement les atouts sociaux et économiques de leurs territoires et améliorer le quotidien des populations. La logique est claire : le développement ne se décrète plus depuis le sommet, il se construit au plus près des citoyens.

Décentralisation en mutation

La Politique nationale de décentralisation 2025‑2034 trace la voie d’une gouvernance participative, inclusive et performante. Gnozou s’inscrit dans cette dynamique en accompagnant les collectivités dans la gestion des compétences transférées, la planification locale, la promotion de l’emploi et le renforcement de la gouvernance financière. L’ambition est de créer des territoires attractifs, résilients et porteurs d’opportunités.

Le rôle du FACT

Cette orientation s’appuie sur des mécanismes déjà actifs. Le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), créé en 2020, constitue un levier majeur. Son enveloppe est passée de 2,6 milliards de francs CFA en 2020 à 9,5 milliards en 2025, pour un total de 41,8 milliards transférés en cinq ans. Ces ressources ont permis la construction de salles de classe, de forages, de hangars de marché, de bureaux d’état civil, de latrines publiques, l’extension du réseau électrique et l’équipement de jardins d’enfants. Le FACT couvre aujourd’hui l’ensemble des communes et des cinq régions, consacrant le rôle croissant des collectivités dans la conduite du développement.

Le PAFC, un appui complémentaire

À ce dispositif s’ajoute le Programme d’appui au financement des communes (PAFC), lancé en 2025 avec le soutien de la Coopération allemande. Doté de 20 millions d’euros pour sa première phase, soit environ 13 milliards de francs CFA, il cible les communes des Plateaux, de la Centrale et de la Kara. Une seconde phase, évaluée à 12 millions d’euros supplémentaires, doit étendre l’appui à l’ensemble des 117 communes. Le PAFC vise à financer des projets à fort impact socio‑économique et à consolider le FACT pour accompagner sa montée en puissance.

Gnozou, un pari sur l’avenir

Avec Gnozou, le Togo choisit de prolonger cette trajectoire en misant sur la proximité, la participation citoyenne et l’innovation locale. Le projet entend transformer les acquis institutionnels en résultats concrets : des communes capables de porter leur propre développement, des régions plus attractives et des populations mieux servies. L’initiative illustre une conviction : l’avenir du pays se construit d’abord dans ses territoires.

Des territoires comme laboratoires

Au‑delà des financements, Gnozou ambitionne de faire des communes et des régions de véritables laboratoires du développement. Les collectivités seront accompagnées dans la gestion des compétences transférées, la planification stratégique et la promotion de l’emploi. La transparence et la participation citoyenne sont placées au cœur du dispositif, afin de renforcer la confiance entre institutions locales et populations.

Une dynamique consolidée

La montée en puissance du FACT et du PAFC démontre que la décentralisation togolaise n’est plus une simple réforme administrative. Elle devient un moteur de transformation sociale et économique. Les infrastructures réalisées, les services améliorés et les opportunités créées témoignent d’une volonté de bâtir des territoires résilients et inclusifs.

Vers une gouvernance partagée

Le projet Gnozou s’inscrit dans une vision plus large : celle d’une gouvernance partagée où l’État, les collectivités et les citoyens co‑construisent le développement. En renforçant les capacités locales et en valorisant les ressources endogènes, le Togo espère créer un modèle de développement durable fondé sur la proximité et la participation.

 

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