ASBI 2026 : Pulse Africa révèle les talents africains aux programmateurs du monde 

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Par René DOKOU, le 25 Juin 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Festival All Star Battle International (ASBI 2026) a marqué un tournant ce mercredi 24 juin à Lomé avec la tenue de « Pulse Africa », une plateforme qui a réuni chorégraphes africains et programmateurs venus d’Europe et du continent. Cette initiative, intégrée au volet professionnel du festival, a offert un espace unique où création et diffusion se sont rencontrées.

Des extraits pour séduire

Le concept repose sur une idée simple mais ambitieuse : chaque compagnie dispose de 10 à 15 minutes pour présenter un extrait de son œuvre devant un panel de professionnels. Ces derniers, issus de divers horizons, partagent ensuite leurs impressions, dialoguent directement avec les artistes et envisagent, dans certains cas, des collaborations futures. Pour Bboy Difo, membre de No Limit Crew, « Pulse Africa, c’est une rencontre qui donne de l’élan aux compagnies africaines. On ne pouvait pas rassembler autant de professionnels au Togo sans saisir cette opportunité ».

Sept créations au rendez-vous

Sept pièces ont été dévoilées lors de cette session, mêlant hip-hop, danse contemporaine et traditions africaines. Le Togo s’est illustré avec EWCE (« Fœtus »), Emeifa (« Une vie pour 4 secondes »), Assikpe (« REVERS »), Kégou Arts (« À la mémoire de nos mémoires ») et AGEE (« Rouge »). Le Bénin était représenté par Sandrine Ahomey avec « Résilience », tandis que la Côte d’Ivoire a présenté « Yêra du Brobrosseur – Le rêve du chercheur » d’Alloka Bawa Blanchard.

Des thèmes universels

Les créations ont exploré des thématiques profondes et universelles : mémoire et oubli, résilience face aux épreuves, quête identitaire, fraternité gémellaire, joie comme acte de résistance et humanité partagée. Certaines œuvres encore en maturation ont néanmoins captivé l’attention des programmateurs présents, séduits par la force des propositions artistiques.

L’écho des programmateurs

Giovanni Zappulla, directeur du festival Dissidanse de Palerme, a exprimé son enthousiasme : « Je trouve qu’il y a énormément de potentiel. Pour certains, c’est exceptionnel. Je regrette d’avoir vu seulement des extraits, j’aurais aimé découvrir les pièces entières ». Un témoignage qui illustre l’impact de cette vitrine sur les professionnels européens.

Les artistes face au défi

Pour les chorégraphes, cette journée a représenté une opportunité rare. KAKANOU Bertrand, auteur de « Une vie pour 4 secondes », confie : « Cette rencontre m’a permis de dialoguer avec des programmateurs venus de différents horizons et de mettre en valeur mes capacités ». De son côté, EWOVON Elom Elie, de la compagnie EWCE, souligne : « Une représentation supplémentaire apporte toujours de la maturité à une pièce. Voir des professionnels de la danse contemporaine et hip-hop en personne, c’est une véritable valeur ajoutée ».

Vers un réseau durable

Au-delà des échanges immédiats, Pulse Africa ambitionne de bâtir un réseau pérenne entre artistes africains et structures de diffusion internationales. Les dossiers des compagnies ont été remis aux programmateurs, des contacts établis, et l’initiative s’inscrit dans le programme « Connect and Create » soutenu par l’Union Européenne. L’objectif est clair : renforcer la visibilité des créateurs africains sur les scènes mondiales.

Une dynamique continentale

Cette ouverture internationale illustre la volonté du festival de positionner la danse africaine comme un acteur majeur du paysage culturel global. En offrant aux compagnies locales une tribune face à des programmateurs étrangers, ASBI 2026 contribue à l’émergence d’une dynamique continentale où les artistes africains ne sont plus seulement spectateurs mais acteurs de leur diffusion.

Un festival en mouvement

Le Festival All Star Battle International se poursuit jusqu’au samedi 27 juin à Lomé et Kpalimé, avec une programmation riche mêlant compétitions, spectacles et rencontres professionnelles. Pulse Africa restera comme l’une des innovations marquantes de cette 13e édition, symbole d’une volonté de connecter les créateurs africains aux réseaux internationaux.

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