Par René DOKOU, le 11 Juin 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Les Journées d’études du Laboratoire Langue, Littératures et Développement (LaLD) ont pris une dimension intellectuelle forte dès leur ouverture, enchaînant sur une table ronde et une conférence inaugurale qui ont marqué les esprits par la pertinence des échanges.
Discours de haine : regards croisés pour bâtir la paix
Sous la modération de Dre Delalom Agbessi, enseignante-chercheure en Lettres modernes, une table ronde a réuni des profils variés pour analyser les mécanismes du discours de haine. Il s’agit notamment du : Dr Wiyao Pouwaka, spécialiste en droit et sciences politiques, M. Paring Bislaou, juriste au ministère de la Sécurité, Dr Adji Tchakabera Chakbera, rédacteur en chef à la TVT et sociologue de l’information, Révérend Père Augustin Kagnouda, coordonnateur Justice et Paix du diocèse de Kara.
Le thème, « Paroles qui divisent, voix qui rassemblent », a permis de confronter des approches juridiques, médiatiques, sociologiques et religieuses. Les intervenants ont mis en lumière les dangers des discours polarisants et proposé des pistes concrètes pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les fractures communautaires.
Une conférence inaugurale au prisme du langage
La conférence inaugurale, animée par Professeur Atafei Pewissi, figure reconnue en littérature anglophone africaine, a offert une lecture critique des représentations langagières.
Sous la modération du Dr Gbandi Adouna, enseignant-chercheur en linguistique africaine, le Pr Pewissi a développé une réflexion intitulée : « De la symbolique du cafard à la déconstruction du discours de haine en contexte africain ».
À travers cette métaphore, il a montré comment les images véhiculées par le langage peuvent alimenter la stigmatisation et la violence, mais aussi comment leur déconstruction ouvre la voie à une culture de paix. Son intervention a été saluée pour sa profondeur et sa capacité à relier théorie littéraire et enjeux sociaux contemporains.
Le LaLD, un laboratoire engagé
Ces échanges scientifiques traduisent l’engagement du LaLD à interroger les liens entre langage, société et paix. En mettant au centre de ses travaux la lutte contre le discours de haine, le laboratoire affirme sa vocation : contribuer à une réflexion académique qui nourrit l’action sociale et politique.
Au-delà des débats, les Journées d’études apparaissent comme un espace où chercheurs, praticiens et acteurs institutionnels se rencontrent pour penser ensemble les défis du vivre-ensemble. La diversité des voix et des disciplines mobilisées illustre la volonté de bâtir une approche collective face aux menaces que représentent les discours de division.
Un signal fort pour la recherche et la société
LaLD inscrit ainsi ses Journées d’études dans une dynamique où la recherche n’est pas confinée aux amphithéâtres, mais se déploie dans la cité. En croisant les regards de juristes, sociologues, littéraires et religieux, le laboratoire démontre que la paix se construit aussi par les mots, leur usage et leur interprétation.
Ces travaux rappellent que le langage, loin d’être neutre, peut être une arme ou un outil de réconciliation. En choisissant de le questionner, le LaLD ouvre un chantier essentiel pour les sociétés africaines contemporaines.
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