Par René DOKOU, le 04 Juin 2026
(IMPARTIAL ACTU)- L’inauguration du Centre de Traitement Post-récolte de Cacao d’excellence de Mpoti-Blitta 3 a pris une dimension particulière grâce à l’intervention de Marie-Hélène Aubert, vice-présidente du Département des Yvelines en charge de la coopération internationale. Dans un discours vibrant, elle a replacé ce projet au cœur d’une ambition : inscrire le cacao togolais dans la catégorie prestigieuse du « cacao fin », gage de revenus stables et équitables pour les producteurs.
Une opportunité pour les générations futures
Pour Mme Aubert, ce centre n’est pas seulement une infrastructure technique. Il incarne une dynamique collective tournée vers l’avenir, capable de transformer durablement les filières agricoles. Elle a insisté sur la portée intergénérationnelle de cette initiative, qui relie les producteurs togolais aux chocolatiers français dans une logique de partenariat équitable et durable.
La coopération décentralisée comme moteur
« Le département n’agit jamais seul », a rappelé la vice-présidente. Le projet est né d’une synergie rare : des maires volontaires, des chocolatiers passionnés, des communes yvelinoises engagées, un opérateur local (UAD) pour le suivi technique, et un appui du ministère français des Affaires étrangères. Cette constellation d’acteurs illustre la force de la coopération décentralisée, où collectivités locales s’unissent pour bâtir des projets structurants.
Café et cacao, deux filières jumelles
Mme Aubert a tenu à souligner que ce projet englobe deux filières : le café et le cacao. Différentes dans leurs pratiques, elles partagent pourtant des défis communs modernisation, attractivité, commercialisation et formation. Elle a salué l’enthousiasme pédagogique de Simon Bassanaga, acteur clé de la transmission des savoirs, et rappelé l’importance de la synergie entre chocolatiers et torréfacteurs.
Vers un cacao d’excellence
L’objectif affiché est clair : obtenir l’appellation « cacao fin », label convoité sur les marchés internationaux. Pour Aubert, cette reconnaissance est synonyme de stabilité économique pour les producteurs togolais et d’une trajectoire d’excellence pour le chocolat du pays. Elle a remercié le président du CCFCC, Enselme Gouthon, pour son engagement et sa présence, preuve de l’importance stratégique de ce projet.
Relocaliser la valeur ajoutée
Au-delà des infrastructures, Mme Aubert a insisté sur la nécessité de relocaliser la valeur ajoutée au Togo. Trop souvent, la richesse des filières agricoles s’évapore avant transformation. Ce centre vise à inverser la tendance, en attirant les jeunes vers des pratiques modernes et durables, notamment l’agroforesterie. « Redonner envie » aux nouvelles générations de reprendre le flambeau est, selon elle, une condition essentielle pour la pérennité des filières.
Un projet porté par la foi collective
La vice-présidente a reconnu que ce succès est le fruit d’un « alignement des planètes » : financements, appuis techniques, volonté politique et passion des acteurs. Elle a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui ont investi énergie et conviction dans cette première étape, rappelant que le Département des Yvelines, malgré un budget contraint, reste fidèle à son engagement pour un monde plus juste et équitable.
Une promesse de continuité
Mme Aubert a conclu en réaffirmant la détermination du Département des Yvelines à accompagner le Togo et le Cameroun dans leurs projets café-cacao. Elle a salué le travail de Bérengère Ayoub, cheffe de projet, et assuré que l’institution resterait aux côtés des producteurs et des collectivités locales pour consolider cette dynamique.
Une vision partagée avec le CCFCC
Le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), dirigé par Enselm Gouthon, a rappelé que ce centre s’inscrit dans les plans de développement 2024-2030 des filières café et cacao. Ces plans visent à améliorer durablement la productivité, la qualité et la compétitivité des productions togolaises. Après Abréwankor, Mpoti-Blitta devient une nouvelle pierre angulaire de cette stratégie nationale.
À travers son discours, Marie-Hélène Aubert a donné une dimension humaine et politique à l’inauguration du centre de Mpoti-Blitta. Plus qu’un équipement, ce projet est une promesse : celle d’un cacao togolais reconnu pour son excellence, d’une jeunesse réengagée dans l’agriculture, et d’une coopération internationale qui fait de la solidarité un levier de développement.
















