Retard de croissance au Togo : progrès et impératif d’accélération

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Par René DOKOU, le 17 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le retard de croissance, ou malnutrition chronique, est bien plus qu’un indicateur sanitaire. Il reflète l’état profond d’une société, ses conditions de vie, l’accès à l’alimentation et la qualité des politiques sociales.

Un miroir des conditions de vie

Chez l’enfant, il traduit une insuffisance nutritionnelle prolongée durant les premières années de vie, avec des conséquences qui dépassent largement le cadre physique. Développement cognitif entravé, performances scolaires compromises, capacités productives réduites : les effets sont durables et multiformes.

Une position intermédiaire mais exigeante

Entre 2010 et 2017, le Togo affichait une prévalence du retard de croissance de 27,5 %. Ce chiffre, inférieur à la moyenne ouest-africaine (36,3 %) et à celle du continent africain (34 %), reste toutefois supérieur à la moyenne des pays en développement (23,6 %). Cette position intermédiaire illustre une maîtrise progressive de la situation, comparée à l’environnement régional immédiat. L’écart favorable avec la moyenne ouest-africaine traduit des avancées tangibles en matière de nutrition, de santé maternelle et infantile, ainsi que d’accès aux services sociaux de base.

Des efforts déjà engagés

Les résultats enregistrés ne sont pas le fruit du hasard. Programmes de sensibilisation, renforcement des services de santé, initiatives en matière de sécurité alimentaire : les actions menées par les autorités et les partenaires produisent des effets concrets. La promotion de l’allaitement maternel, l’amélioration de la diversification alimentaire et le soutien aux ménages vulnérables figurent parmi les leviers mobilisés. Ces efforts témoignent d’une volonté politique de réduire les inégalités et d’améliorer les conditions de vie.

Un enjeu économique majeur

Réduire le retard de croissance ne relève pas seulement d’un impératif sanitaire. C’est aussi un enjeu économique de premier plan. Une population mieux nourrie est plus apte à apprendre, à travailler et à innover. À l’inverse, la malnutrition chronique engendre des pertes de productivité, freine la croissance et alourdit les systèmes de santé. Chaque point de pourcentage gagné dans la réduction du retard de croissance représente un investissement dans le capital humain et dans l’avenir du pays.

Les disparités territoriales

L’enjeu est également territorial. Les disparités entre zones urbaines et rurales demeurent fortes, avec un accès inégal aux ressources et aux services. Réduire ces écarts est essentiel pour garantir une équité sociale et une cohésion nationale. Les politiques doivent donc cibler les zones les plus vulnérables, en renforçant les infrastructures et en améliorant la distribution des services de base.

Consolider et accélérer

La situation du Togo raconte une histoire en deux temps : celle d’un pays qui progresse, en se situant en deçà des moyennes régionales, mais aussi celle d’un défi encore présent, qui appelle une mobilisation continue. Consolider les acquis et intensifier les efforts est une nécessité. Cela implique une coordination renforcée entre les acteurs publics, privés et communautaires, ainsi qu’une meilleure intégration des politiques nutritionnelles dans les stratégies de développement.

 

Le retard de croissance au Togo est à la fois un indicateur de progrès et un signal d’alerte. Les avancées réalisées montrent que les politiques mises en œuvre portent leurs fruits. Mais l’impératif d’accélération demeure. Réduire durablement la prévalence de la malnutrition chronique, c’est investir dans l’avenir du pays, dans son capital humain et dans sa capacité à se développer. Le défi est grand, mais il est à la mesure des ambitions d’un Togo en quête de transformation et de prospérité.

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