Le Togo veut mobiliser 50 milliards FCFA pour financer VIH, tuberculose et paludisme

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Par René DOKOU, le 13 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo a ouvert, mardi 7 avril 2026 à Lomé, un dialogue national consacré à la préparation d’une demande de financement unique auprès du Fonds mondial. Cette démarche, qui couvre la période 2027-2029, réunit administrations publiques, partenaires techniques, société civile et acteurs du système de santé.

Un dialogue national pour définir les priorités

L’objectif est clair : harmoniser les interventions, éviter les doublons et optimiser l’utilisation des ressources dans un contexte de contraintes budgétaires et de baisse des financements extérieurs.

84 millions d’euros pour trois maladies

Le pays ambitionne de mobiliser environ 84 millions d’euros, soit près de 50 milliards FCFA, pour financer simultanément la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Cette enveloppe devrait également contribuer au renforcement du système de santé.
« Ces 84 millions doivent servir le sida, la tuberculose et le paludisme », a rappelé Binyandi Akou, coordonnateur général de l’Instance de coordination nationale (CCM-Togo). Les acteurs insistent sur la nécessité de cibler les interventions afin de maximiser l’impact des fonds disponibles.

Des acquis à consolider

Ces dernières années, le Togo a enregistré des avancées notables. La prévalence du VIH est désormais estimée à 1,4 %, selon les autorités sanitaires. Les campagnes de sensibilisation, le dépistage et l’accès aux traitements ont permis de réduire la propagation du virus.

Cependant, les défis demeurent. L’OMS rappelle que plus de 40 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde et que près de 3 millions de nouvelles infections sont recensées chaque année. Le paludisme et la tuberculose continuent également de peser lourdement sur les systèmes de santé africains.

Des défis persistants

Au Togo, les autorités reconnaissent la nécessité de renforcer le dépistage, d’améliorer l’accès aux traitements et d’assurer un suivi efficace des patients. Les zones rurales restent particulièrement vulnérables, avec des difficultés d’accès aux services de santé et une couverture insuffisante des programmes de prévention.

La tuberculose, souvent associée au VIH, demeure un problème majeur. Quant au paludisme, il reste endémique et représente l’une des principales causes de mortalité, notamment chez les enfants de moins de cinq ans.

Vers une approche intégrée et durable

Le processus en cours doit aboutir à une feuille de route partagée avant la soumission officielle prévue en juin 2026. L’approche intégrée vise à améliorer la gouvernance, renforcer la coordination entre les programmes et garantir la durabilité des interventions.

Cette stratégie s’inscrit dans une logique de rationalisation des ressources : plutôt que de multiplier les demandes séparées, le Togo opte pour une requête unique, plus cohérente et plus adaptée aux besoins du pays.

Un enjeu de gouvernance et de transparence

Au-delà des aspects financiers, les autorités mettent l’accent sur la gouvernance. La gestion des fonds doit être transparente et orientée vers les résultats. Les partenaires techniques et financiers attendent des mécanismes clairs de suivi et d’évaluation.

La société civile, impliquée dans le processus, insiste sur l’importance de garantir l’équité dans l’accès aux soins et de renforcer la participation communautaire.

Un pari sur l’avenir sanitaire du pays

En mobilisant 84 millions d’euros, le Togo espère consolider ses acquis et relever les défis persistants. Le succès de cette démarche dépendra de la capacité des acteurs à travailler ensemble, à cibler les interventions et à assurer une utilisation optimale des ressources.

Dans un contexte où les financements extérieurs tendent à se réduire, cette demande unique représente un pari stratégique pour l’avenir sanitaire du pays. Elle illustre la volonté des autorités de bâtir un système de santé plus résilient, capable de répondre aux besoins des populations et de faire face aux crises sanitaires.

Le Togo engage une étape décisive dans sa lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. En misant sur une approche intégrée et durable, le pays cherche à maximiser l’impact des financements disponibles et à renforcer son système de santé.

La réussite de ce processus dépendra de la cohésion des acteurs, de la transparence dans la gestion des fonds et de la capacité à transformer les ressources mobilisées en résultats tangibles pour les populations.

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