Eau et Assainissement : Les défis du projet PEAT au Togo

0
145

Par René DOKOU, le 25 Mars 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Lancé en 2015, le Projet Eau et Assainissement au Togo (PEAT) incarne l’ambition nationale de répondre aux besoins urgents en matière d’accès à l’eau potable et d’assainissement. Expérimental dans sa première phase, il devait servir de laboratoire pour une extension à l’ensemble du pays. Mais entre conventions de financement, ruptures de contrats et difficultés techniques, le PEAT illustre les obstacles persistants dans la mise en œuvre des grands projets publics.

Une phase pilote ambitieuse

La première phase du PEAT, signée en 2015, concernait Lomé, Atakpamé et Dapaong. Conçue comme un projet pilote, elle visait à tester des solutions et capitaliser des expériences pour une extension future. Pourtant, avant même son achèvement, une deuxième phase a été lancée en 2017 pour répondre aux besoins pressants des cinq régions du pays. Cette précipitation a révélé les tensions entre urgence sociale et rigueur technique.

Le rôle des partenaires techniques

Les études de conception des ouvrages des deux phases avaient été confiées au cabinet international IGIP. Mais en 2018, son contrat fut résilié pour défaut d’exécution, en raison de retards et de lacunes dans les études. Ce revers a mis en lumière la difficulté de trouver des partenaires fiables capables de répondre aux exigences d’un projet d’une telle envergure.

Un montage institutionnel réajusté

Face à la contrainte budgétaire et à l’urgence, l’État togolais et la Délégation de l’Union européenne ont opté pour une approche pragmatique : confier les travaux complexes à des bureaux d’études spécialisés et déléguer les travaux non complexes à la Société de Patrimoine Eau et Assainissement (SP-EAU). Ce compromis visait à maintenir l’avancée du projet malgré les difficultés financières et organisationnelles.

Des bureaux d’études en série

Trois bureaux se sont succédé dans le suivi et le contrôle des travaux :

CIRA, dont le contrat a été résilié pour défaut d’exécution.

Le groupement Louis Berger/Egis Eau/ACEP, également écarté pour insuffisances.

AESA, dernier intervenant, chargé de reprendre le flambeau.

Cette succession de ruptures contractuelles traduit une instabilité institutionnelle qui a ralenti la réalisation des infrastructures prévues.

Les enjeux pour l’avenir

Au-delà des difficultés techniques et administratives, le PEAT révèle un enjeu majeur : la gouvernance des projets publics. L’accès à l’eau et à l’assainissement reste une priorité nationale et un droit fondamental. Mais pour que les ambitions se traduisent en résultats concrets, il est indispensable de renforcer la planification, le suivi et la transparence dans l’exécution des projets.

Le PEAT, dans ses deux phases, illustre les défis d’un pays en quête de solutions durables pour l’eau et l’assainissement. Entre ambitions légitimes et obstacles récurrents, il rappelle que la réussite d’un projet ne dépend pas seulement des financements, mais aussi de la qualité des études, du choix des partenaires et de la rigueur dans la mise en œuvre. Le Togo joue ici une partie essentielle pour l’avenir de ses populations, où chaque goutte d’eau compte.

Thibault Montagnard

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici