Par René DOKOU, le 30 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le gouvernement togolais et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé un terrain d’entente dans le cadre de la deuxième revue du programme économique appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), un mécanisme destiné à soutenir les pays à faibles revenus.
Cet accord, conclu après des discussions menées à Lomé et à Washington, ouvre la voie à un nouveau décaissement de 44 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), équivalant à environ 58,4 millions de dollars, sous réserve de l’approbation du conseil d’administration du FMI dans les semaines à venir.
Mis en place en mars 2024, ce programme vise trois objectifs principaux : améliorer la soutenabilité de la dette publique, stimuler une croissance économique inclusive et accélérer les réformes structurelles dans le pays. Le FMI a salué la solidité de l’économie togolaise dans un contexte régional et mondial encore incertain. En effet, la croissance du PIB réel est estimée à 5,3 % pour 2024, et devrait se maintenir autour de 5,2 % en 2025. De plus, l’inflation a connu une baisse notable, passant de plus de 7 % en 2023 à 2,6 % en avril 2025, signe d’un retour progressif à la stabilité des prix.
Toutefois, malgré ces résultats encourageants, le Togo n’a pas entièrement respecté les critères de performance définis dans le cadre du programme. Le seul indicateur non atteint concerne l’équilibre budgétaire. Le FMI note que des dépenses exceptionnelles, notamment des aides d’urgence face aux inondations récentes et des subventions destinées au secteur agricole, ont pesé sur les finances publiques et entraîné une accumulation de dette plus rapide que prévu.
Malgré ce manquement ponctuel, l’institution de Bretton Woods reconnaît les efforts du gouvernement togolais pour renforcer la gestion des finances publiques. Des progrès notables ont été enregistrés, tels que l’amélioration de l’analyse des risques budgétaires, la recapitalisation de la dernière banque publique du pays, et le lancement d’une réforme du cadre des marchés publics. Cette réforme inclut notamment un engagement à rendre publics les bénéficiaires effectifs des contrats de l’État, une mesure saluée par les partenaires au développement.
Un autre chantier important en cours est l’audit de gouvernance, commandité par les autorités togolaises elles-mêmes, preuve d’une volonté de renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des affaires publiques.
Le FMI souligne également que la mise en œuvre continue des réformes structurelles sera déterminante pour consolider les acquis économiques du pays. La prochaine revue du programme est prévue pour le second semestre 2025, et pourrait, si les engagements sont maintenus, déboucher sur de nouveaux appuis financiers.
Cet accord technique avec le FMI marque une étape supplémentaire dans la trajectoire de redressement et de transformation de l’économie togolaise. Alors que le pays reste exposé à des chocs climatiques et à des tensions géopolitiques régionales, la poursuite des réformes demeure essentielle pour asseoir une croissance durable, réduire la pauvreté et renforcer la résilience macroéconomique.
















