Par René DOKOU, le 22 Septembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Un atelier national consacré à la dissémination du Plan stratégique de santé mentale 2024-2027 et à l’élaboration du Plan d’action opérationnel (PAO) du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), a ouvert ses portes lundi à Lomé.
Présidé par le secrétaire général du ministère, Dr Wotobé Kokou, ce rendez-vous de deux jours réunit partenaires techniques et financiers, experts nationaux et internationaux, organisations de la société civile et acteurs institutionnels. Objectif : renforcer la réponse collective face aux troubles mentaux et aux addictions, un défi de santé publique devenu pressant.
Une mobilisation inédite
Dès l’ouverture des travaux, le Secrétaire général du ministère de la santé et de l’hygiène publique Dr Wotobé a insisté sur l’importance de la coordination.
« Nous devons collaborer, nous mettre ensemble pour relever les défis de la santé mentale. Ce sujet est d’actualité et nous devons montrer l’exemple. Tout ce que nous faisons vise le bien-être de la population », a-t-il déclaré.
L’atelier entend poser les bases d’une stratégie nationale réaliste et inclusive. Les participants doivent non seulement valider les priorités d’action, mais aussi définir les indicateurs de suivi, structurer les mécanismes de coordination multisectorielle et mobiliser les financements indispensables.
Un enjeu mondial, une urgence nationale
Les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé donnent la mesure du défi : près d’un milliard de personnes souffrent d’un trouble mental dans le monde. Chez les jeunes, ces pathologies représentent environ 15 % des années de vie perdues. Le Togo, comme de nombreux pays, n’échappe pas à cette crise silencieuse qui fragilise les familles et pèse sur le développement.
Conscient de l’urgence, le gouvernement a finalisé en septembre dernier un plan stratégique ambitieux, porté par le PNAPP. Celui-ci vise à garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de santé mentale de qualité, de proximité et respectueux des droits humains.
Structurer la réponse nationale
Le professeur Balaka Abago, coordonnateur du PNAPP, a détaillé les axes prioritaires du dispositif en construction. Parmi eux : la mise en place d’un comité national multisectoriel, l’organisation de groupes thématiques autour des addictions et des troubles mentaux, la planification des étapes de mise en œuvre et l’instauration d’un cadre de suivi et d’évaluation rigoureux.
Les sessions en commissions doivent permettre d’aboutir à un plan opérationnel consolidé, garantissant la cohérence des interventions et leur durabilité. L’atelier se veut ainsi une étape charnière pour donner un cadre pratique aux ambitions affichées.
Des partenaires engagés
Le lancement de ce plan stratégique s’accompagne d’une forte mobilisation des acteurs de terrain et des bailleurs internationaux. Associations communautaires, ONG spécialisées, directions techniques du ministère, experts et agences onusiennes participent aux discussions. Leur engagement est jugé déterminant pour transformer les orientations politiques en actions concrètes au bénéfice des populations.
Selon plusieurs intervenants, la réussite dépendra aussi de la capacité à sensibiliser l’opinion, réduire la stigmatisation des troubles psychiques et intégrer la santé mentale dans les soins de première ligne.
Un signal politique fort
Cet atelier marque une avancée notable dans la structuration des politiques de santé publique au Togo. Il illustre la volonté politique de placer la santé mentale au cœur des priorités, en cohérence avec les engagements internationaux pris par le pays.
À l’issue des travaux, le ministère entend disposer d’une feuille de route claire, assortie d’objectifs mesurables et de moyens mobilisés. Une étape décisive pour répondre à une réalité longtemps reléguée au second plan, mais désormais reconnue comme un pilier essentiel du bien-être et du développement humain.
















