IIA-Togo réunit l’Afrique de l’Ouest autour des nouveaux défis de l’audit interne

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Par René DOKOU, le 26 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Lomé a accueilli, du 23 au 25 septembre 2026, la 4ᵉ édition des Journées Ouest-Africaines de l’Audit Interne, organisée par l’Institut Togolais des Auditeurs et Contrôleurs Internes (IIA-Togo). Après avoir successivement posé ses valises en Côte d’Ivoire, au Bénin puis au Mali, ce grand rendez-vous professionnel a fait, le temps de trois jours, de la capitale togolaise le point de convergence d’une profession en pleine recomposition.

Une profession appelée à changer de posture

Loin des intitulés convenus, le thème choisi pour cette édition donnait d’emblée le ton : « Audit interne, acteur stratégique de la conduite du changement et de la transformation des organisations publiques et privées de l’Afrique de l’Ouest ». Un intitulé qui n’a rien d’anodin et qui traduit une ambition assumée par l’IIA-Togo : arracher l’audit interne à son image classique de fonction de vérification a posteriori, pour en faire un partenaire à part entière des mutations organisationnelles.

C’est ce message qu’a défendu Elfried Komlanvi Midokpoe, président de l’IIA-Togo, lors du discours d’ouverture. Évoquant les réformes engagées dans le pays modernisation de l’administration, refonte de la gestion des finances publiques, consolidation des dispositifs de contrôle, il a insisté sur l’urgence de disposer d’un audit interne en capacité d’accompagner les organisations dans leurs transformations, plutôt que de se limiter à en dresser le constat une fois les décisions actées.

« L’audit interne ne peut plus être considéré comme une fonction chargée uniquement de vérifier ce qui a été fait », a-t-il martelé devant les professionnels rassemblés, les invitant à endosser pleinement un rôle d’anticipation des risques et d’appui à la prise de décision sans jamais sacrifier l’indépendance qui fonde la légitimité de leur métier. Un exercice d’équilibriste, entre proximité stratégique avec les instances dirigeantes et recul critique indispensable au jugement professionnel.

Un carrefour régional de plus en plus structuré

Le choix de Lomé pour cette quatrième édition ne doit rien au hasard. En succédant à Abidjan, Cotonou et Bamako, le Togo confirme une itinérance désormais bien ancrée, portée par les instituts nationaux d’audit interne de la sous-région. Cette formule tournante répond à un objectif de fond : faire émerger, au-delà des frontières, une véritable communauté professionnelle ouest-africaine, capable de mutualiser expertises et bonnes pratiques.

Venus d’une dizaine de pays, les participants réunis à Lomé partageaient une même préoccupation : repenser le rôle de l’audit interne dans un environnement bousculé par les transformations numériques, la montée en exigence des normes de gouvernance et l’apparition de risques inédits, aussi bien dans les organisations publiques que privées.

L’intelligence artificielle s’impose dans les débats

Sans grande surprise, la numérisation et l’intelligence artificielle ont occupé une place de choix dans les échanges. Ces sujets n’ont pas été traités comme de simples effets de mode technologique, mais bien comme des enjeux appelés à redéfinir durablement les contours de la profession. Les intervenants ont ainsi exhorté les auditeurs à monter en compétence sur ces nouveaux terrains  outils d’analyse de données, systèmes automatisés, risques cyber tout en resserrant les liens avec les autres directions de l’organisation : systèmes d’information, finances, juridique, opérations.

En filigrane, c’est le portrait d’un auditeur interne nouvelle génération qui se dessine : moins enfermé dans son périmètre technique traditionnel, davantage engagé dans une logique transversale de pilotage global des risques.

Trois jours entre montée en compétences et transmission

Le programme de ces Journées a traduit cette double exigence de professionnalisation et de renouvellement. Conférences, tables rondes et ateliers se sont enchaînés autour de la gouvernance, de la gestion des risques, de la transparence et de la lutte contre la corruption — autant de thématiques qui placent l’audit interne au centre des enjeux d’intégrité institutionnelle propres à la région.

Point notable de cette édition : l’événement ne s’est pas cantonné à un échange entre professionnels confirmés. Une place significative a été accordée à la formation de la relève, avec la présence active de jeunes praticiens et d’étudiants. Un signal fort, révélateur d’une préoccupation partagée par les organisateurs : garantir la continuité et le renouvellement d’une discipline vouée à occuper un rôle croissant dans la gouvernance des organisations ouest-africaines.

Lomé, étape d’une ambition qui dépasse les frontières

En accueillant cette 4ᵉ édition, l’IIA-Togo a affiché une ambition qui va bien au-delà du cadre national : consolider durablement les échanges entre professionnels de la sous-région et accompagner une évolution en profondeur de la fonction d’audit interne, face aux défis numériques, réglementaires et organisationnels qui redessinent le paysage des institutions publiques comme des entreprises privées en Afrique de l’Ouest.

Pendant trois jours, la capitale togolaise se sera ainsi imposée comme un espace de convergence pour une profession en pleine redéfinition celle d’un audit interne qui, sans renoncer à son exigence d’indépendance, entend désormais peser réellement sur la trajectoire des organisations qu’il a pour mission d’éclairer.

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