Par René DOKOU, le 17 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Le Togo s’est fixé une échéance claire : d’ici 2030, garantir l’accès universel à l’eau potable. Cette ambition s’inscrit dans le cadre de l’Objectif de développement durable (ODD) numéro 6, consacré à l’eau et à l’assainissement. Pour y parvenir, le pays déploie une stratégie combinant investissements massifs, extension des réseaux, forages, postes d’eau autonomes et mini-adductions. L’approche repose sur une double logique : renforcer les infrastructures dans les grandes villes tout en proposant des solutions adaptées aux zones rurales.
Le défi des disparités territoriales
Dans un pays où les besoins diffèrent fortement selon les territoires, le chantier est colossal. Les centres urbains connaissent une croissance démographique rapide, tandis que les localités isolées souffrent d’un déficit chronique en infrastructures hydrauliques. Le gouvernement mise donc sur des réponses différenciées, calibrées selon les réalités locales.
Grand Lomé : un projet structurant
Le cœur de l’effort se concentre sur le Grand Lomé, où la deuxième phase du projet AEP Lomé 2 mobilise près de 9,84 milliards de francs CFA. Objectif : accroître l’offre d’eau potable de 15 000 m³ par jour pour répondre à la demande croissante. Le programme prévoit la construction de cinq châteaux d’eau à Zossimé, Alinka, Logoté/Sagbado, Attiégou et Dangbessito, ainsi que l’extension des réseaux de distribution. À terme, plus de 200 000 habitants supplémentaires devraient bénéficier d’une desserte améliorée.
Les zones rurales au cœur de la stratégie
Mais l’accès universel ne se limite pas aux grandes agglomérations. Dans les campagnes, où un réseau centralisé serait coûteux et complexe, le gouvernement privilégie des solutions décentralisées. Le programme de postes d’eau autonomes (PEA), lancé en 2021, illustre cette approche. Mille PEA sont prévus dans les zones reculées ; déjà, 221 ont été réalisés en deux ans, touchant plus de 120 000 bénéficiaires.
Dans les régions des Plateaux et de la Centrale, un autre projet combine 17 mini-adductions et 15 PEA solaires, pour un financement de 2,5 milliards de francs CFA. Ces infrastructures, adaptées à la taille des localités, permettent de desservir efficacement les populations tout en réduisant les coûts.
Les Savanes : un chantier prioritaire
La région des Savanes concentre une part importante des investissements, en raison de besoins particulièrement élevés. Avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), un programme cible Dapaong, Cinkassé, Tandjouaré, Korbongou, Gando et Mandouri. Il prévoit un centre de traitement des eaux d’une capacité de 11 300 m³ par jour, ainsi que l’extension et la modernisation des réseaux.
À l’échelle du projet, 205 000 branchements particuliers sont programmés et environ 125 000 personnes bénéficieront de bornes-fontaines. L’objectif est clair : renforcer simultanément la production, le stockage et la distribution pour que les investissements se traduisent par un accès concret pour les ménages.
Une mobilisation financière et partenariale
Cette stratégie ambitieuse repose sur une mobilisation de financements publics et extérieurs. Les partenaires techniques et financiers, tels que l’AFD, jouent un rôle clé dans la mise en œuvre des projets. Les milliards de francs CFA investis traduisent une volonté politique forte : faire de l’eau potable un droit effectif pour tous.
Vers un saut qualitatif
Au-delà des chiffres, l’enjeu est de transformer durablement la vie quotidienne des populations. L’accès à l’eau potable conditionne la santé publique, la productivité économique et la cohésion sociale. En réduisant les distances parcourues pour s’approvisionner, en limitant les maladies hydriques et en améliorant la qualité de vie, ces projets dessinent un avenir plus serein.
Une échéance qui approche
À quatre ans de 2030, le Togo doit accélérer le rythme. Les infrastructures en cours de réalisation posent les bases d’un saut qualitatif, mais la réussite dépendra de la capacité à maintenir les financements, à assurer la maintenance et à impliquer les communautés locales.
















