Par René DOKOU, le 26 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Un panneau publicitaire suffit parfois à faire parler tout un pays. C’est le pari réussi par EBOMAF, qui vient d’installer, dans un lieu très fréquenté, une affiche aux teintes de la prochaine Coupe d’Afrique des nations. Le slogan retenu ne doit rien au hasard : « Tracer la route vers la CAN 2027 ».
En quelques mots, le groupe togolais de bâtiment et travaux publics tisse un lien direct entre son savoir-faire la construction d’infrastructures routières et le chemin semé d’embûches que les Éperviers doivent encore parcourir pour valider leur ticket vers la compétition continentale.
Une identité de marque au service d’un événement populaire
Rien n’a été laissé au hasard dans cette opération de communication. Le champ lexical de la « route » n’est pas anodin pour une entreprise dont l’activité première consiste justement à bâtir des axes de circulation à travers le pays.
En associant son image à un événement sportif qui électrise déjà l’opinion togolaise, EBOMAF opère un rapprochement habile entre son cœur de métier et l’attente populaire suscitée par la CAN 2027. Le support visuel ne laisse d’ailleurs planer aucun doute sur ses intentions : logo du groupe bien visible, dénomination officielle du tournoi et codes graphiques propres à l’événement y figurent en bonne place.
Un parcours semé d’obstacles pour les Éperviers
Cette fameuse « route » évoquée par l’annonceur, ce sont précisément les éliminatoires que doit désormais négocier la sélection togolaise. Les Éperviers ont hérité d’un groupe I particulièrement relevé, où ils croiseront le fer avec l’Algérie, la Zambie et le Burundi. Ces confrontations représentent les toutes premières marches d’un long escalier que doivent gravir l’ensemble des équipes africaines avant de fouler la pelouse de la phase finale, programmée pour 2027.
C’est précisément dans ce climat d’attente et d’enthousiasme national que surgit l’initiative d’EBOMAF. Le timing n’est pas fortuit : le football togolais a désormais les yeux rivés sur cet objectif continental, et le groupe de BTP entend surfer sur cette dynamique collective. La formule publicitaire fonctionne à double sens d’un côté, elle renvoie à l’activité concrète de l’entreprise, qui construit et aménage des voies de circulation sur le terrain ; de l’autre, elle emprunte, de façon symbolique, le vocabulaire du sport pour désigner le chemin encore long qui sépare les Éperviers de leur qualification.
Une stratégie de communication qui capitalise sur l’émotion collective
Au-delà du simple clin d’œil linguistique, cette campagne d’affichage traduit une stratégie plus large : celle de rattacher l’image d’une entreprise privée à un moment de ferveur nationale. En s’invitant dans l’ambiance qui entoure déjà les préparatifs de la CAN 2027, EBOMAF cherche visiblement à renforcer sa proximité avec le grand public, tout en valorisant son rôle dans le développement des infrastructures du pays. Ce type d’association entre marque et événement sportif n’est pas isolé sur le continent, mais il prend ici une résonance particulière compte tenu de l’activité même du groupe.
Pour les observateurs, ce message publicitaire illustre aussi la manière dont les grandes entreprises togolaises s’approprient les temps forts de la vie nationale pour asseoir leur notoriété. La CAN, en tant qu’événement fédérateur, constitue un terrain propice à ce genre de communication, où l’émotion sportive rejoint les intérêts commerciaux.
Une échéance encore lointaine, mais déjà dans tous les esprits
Si le slogan d’EBOMAF fait sourire ou interpelle, il rappelle surtout une réalité incontournable : la route vers la CAN 2027 ne fait que commencer. Les supporters togolais, portés par l’espoir de voir leur équipe nationale briller sur la scène continentale, savent que chaque rencontre des éliminatoires comptera double. Rien n’est acquis, et le chemin promet d’être long avant d’espérer fouler les pelouses de la phase finale.
En attendant le coup d’envoi des prochaines échéances, cette campagne publicitaire aura au moins eu le mérite de nourrir l’engouement populaire autour des Éperviers, tout en rappelant qu’au Togo, football et développement des infrastructures peuvent, le temps d’un slogan, emprunter la même route.
















