Épé-Ekpé : la pierre sacrée blanche ouvre une année de paix

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Par René DOKOU, le 04 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- À Avé-Gbatso, dans la préfecture des Lacs, le peuple Guin a renoué jeudi avec l’un de ses plus anciens rituels : la cérémonie de la pierre sacrée. Pour la 363ᵉ fois, cette tradition séculaire a marqué l’entrée dans une nouvelle année, rassemblant des milliers de fidèles et de curieux venus du Togo et de la diaspora.

Cette édition a livré un présage porteur d’espérance. La pierre extraite des eaux par le grand prêtre est apparue blanche, couleur associée à la pureté, à la sérénité et à la lumière. Dans l’interprétation traditionnelle, ce signe est une invitation à la concorde et à l’harmonie sociale, un message de paix adressé à toute la communauté.

Connue sous le nom d’Épé-Ekpé, la prise de la pierre sacrée est bien plus qu’un rituel religieux. Elle constitue un moment de communion et de fraternité, où les ressortissants Guin se retrouvent pour célébrer leur identité et renforcer les liens entre générations. Chaque année, l’événement attire une foule considérable, transformant Glidji-Kpodji en haut lieu de spiritualité et de festivités.

La cérémonie a également revêtu une dimension officielle. Plusieurs membres du gouvernement ont honoré de leur présence ce rendez-vous culturel, parmi lesquels Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la présidence du Conseil, ainsi que les ministres de la Culture, de la Justice et de la Santé. Leur participation témoigne de l’importance accordée par les autorités à la préservation des traditions et à la valorisation du patrimoine immatériel togolais.

Au-delà de son aspect rituel, l’Épé-Ekpé joue un rôle social et symbolique majeur. La couleur de la pierre est perçue comme un indicateur des douze mois à venir, influençant l’état d’esprit collectif et les attentes de la communauté. Cette année, le blanc est interprété comme un appel à la réconciliation et à la stabilité, dans un contexte où les défis économiques et sociaux exigent cohésion et solidarité.

L’événement, profondément enraciné dans l’histoire du peuple Guin, illustre la capacité des traditions à traverser les siècles tout en gardant leur pertinence. La cérémonie de la pierre sacrée n’est pas seulement un héritage ancestral ; elle demeure un repère identitaire et un vecteur de rassemblement. Elle rappelle que la culture, loin d’être figée, continue de jouer un rôle essentiel dans la construction du vivre-ensemble.

Ainsi, la 363ᵉ édition de l’Épé-Ekpé s’inscrit dans la continuité d’une mémoire collective, tout en projetant un message universel : celui de la paix et de la lumière. Pour les Guin, comme pour l’ensemble du Togo, la pierre blanche est un symbole d’espérance, une promesse de sérénité et un appel à bâtir une société plus unie.

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