Par René DOKOU, le 15 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- À Nairobi, lors du Sommet Africa Forward 2026, le Togo s’est imposé comme un acteur central du débat sur la paix et la sécurité en Afrique. Représentant le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, le Président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, a pris part à une table ronde consacrée aux crises régionales. Devant un parterre de dirigeants africains et internationaux, il a exposé les fondements de l’engagement togolais dans la médiation.
Trois piliers pour une paix durable
Le message porté par le Togo repose sur trois piliers essentiels :
Dialogue direct entre toutes les parties prenantes, afin de favoriser une compréhension mutuelle et des solutions inclusives.
Neutralité active, garantissant la crédibilité du médiateur et la confiance des acteurs impliqués.
Solidarité régionale, fondée sur la conviction que l’instabilité dans une zone affecte l’ensemble du continent.
Ces principes traduisent une vision stratégique : l’Afrique doit assumer la responsabilité de sa propre stabilité et bâtir des mécanismes endogènes de résolution des conflits.
L’Afrique architecte de sa stabilité
Dans son intervention, Professeur Klassou a rappelé l’urgence de changer de paradigme :
« L’Afrique ne peut plus se permettre d’être un simple terrain de gestion des crises. Elle doit devenir l’architecte de sa propre stabilité. »
Ce discours, salué par les dirigeants présents, dont William Ruto, Emmanuel Macron, Évariste Ndayishimiye et António Guterres, place la souveraineté africaine au cœur des processus de paix. Le Togo défend une approche qui privilégie l’expertise locale et l’implication directe des acteurs régionaux.
Médiation dans la crise des Grands Lacs
Le rôle du Président du Conseil comme médiateur de l’Union africaine pour la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo illustre cette vision. Pour Lomé, la médiation est un acte de souveraineté, un refus de déléguer l’avenir du continent à des acteurs extérieurs, même bien intentionnés. Le Togo plaide pour des partenariats internationaux fondés sur l’accompagnement et non la substitution.
Construire des ponts, pas des murs
Le message final du médiateur togolais a résonné comme un appel à l’action collective :
« La paix ne se décrète pas. C’est une construction patiente. J’appelle toutes les parties prenantes à bâtir des ponts et non des murs. »
Cette déclaration souligne la nécessité d’un engagement commun, patient et résolu, pour transformer la région des Grands Lacs en un espace de stabilité et de prospérité.
Une vision politique constante
Au-delà de l’événement, l’intervention du Togo à Nairobi consacre sa place comme acteur engagé dans la promotion du dialogue et de la stabilité régionale. Elle traduit une vision politique constante : faire de la paix non seulement une exigence sécuritaire, mais le socle indispensable d’une Afrique souveraine, résiliente et tournée vers un développement partagé.
















