Par René DOKOU, le 15 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Le paludisme demeure l’une des maladies les plus graves au monde. Chez la femme enceinte, il devient particulièrement redoutable : la baisse d’immunité liée à la grossesse accroît les risques d’anémie sévère, de fausses couches, d’accouchements prématurés et de faible poids à la naissance. Conscient de ce danger, le Togo a renforcé ses dispositifs de prévention pour protéger les mères et leurs enfants à naître.
Le traitement préventif intermittent, une arme efficace
Le traitement préventif intermittent (TPI) consiste à administrer, à intervalles réguliers, des antipaludiques aux femmes enceintes, qu’elles soient infectées ou non. Utilisé principalement en Afrique, il repose sur des molécules comme la sulfadoxine-pyriméthamine et permet de réduire la charge parasitaire, de prévenir l’anémie et d’améliorer les indicateurs néonataux.
Des taux de couverture en progression
En 2024, 68,0 % des femmes enceintes au Togo ont reçu les trois doses recommandées du TPI. En 2025, ce taux est passé à 68,1 %. Pour 2026, les autorités sanitaires projettent une couverture de 70 %. Si la progression peut sembler marginale, chaque point gagné représente une avancée significative dans la lutte contre le paludisme. En santé publique, les marges de progression se réduisent à mesure que la couverture s’élargit, rendant chaque amélioration précieuse.
Des actions concrètes pour soutenir la prévention
Cette évolution est portée par plusieurs initiatives :
Consultations prénatales renforcées : multiplication des séances de suivi pour assurer l’administration correcte des doses.
Disponibilité accrue des médicaments : amélioration de la chaîne d’approvisionnement pour éviter les ruptures.
Sensibilisation communautaire : campagnes d’information pour inciter les femmes enceintes à adhérer aux protocoles thérapeutiques.
Accès élargi aux structures de santé : extension des services dans les zones rurales et périurbaines.
Une protection pour la mère et l’enfant
Chaque femme enceinte ayant reçu les trois doses du TPI bénéficie d’une protection renforcée contre le paludisme. Cette protection s’étend au fœtus, réduisant les risques de complications et contribuant à améliorer les indicateurs de santé néonatale. La stratégie s’inscrit ainsi dans une vision globale de réduction de la mortalité maternelle et infantile.
Un défi permanent mais maîtrisé
Le passage de 68,0 % à 70 % en trois ans illustre la consolidation des efforts du système de santé togolais. Derrière ces chiffres se cachent des défis persistants : assurer la régularité des soins prénatals, maintenir la disponibilité des intrants, et garantir l’adhésion des patientes. Mais la tendance positive confirme que les politiques mises en œuvre portent leurs fruits.
Vers une couverture optimale
La projection à 70 % en 2026 traduit la volonté du Togo de poursuivre l’extension de la couverture. Elle témoigne d’un engagement constant à protéger les femmes enceintes et leurs enfants contre une maladie qui reste l’un des principaux fléaux de santé publique en Afrique. En conjuguant prévention médicale, sensibilisation et accessibilité des soins, le pays se positionne comme un acteur déterminé dans la lutte contre le paludisme.
















