Banjul : les experts préparent le Forum des Premières Dames contre les violences basées sur le genre

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Par René DOKOU, le 08 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Le 8 avril 2026, Banjul, capitale de la République de Gambie, a accueilli une réunion technique de haut niveau réunissant des experts des pays membres du SWEDD+ (Projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel élargi). Cette rencontre, organisée en prélude au Forum des Premières Dames sur la tolérance zéro aux violences basées sur le genre, a marqué une étape décisive dans la mobilisation régionale contre ce fléau.

Une rencontre stratégique en Gambie

Autour de la table, des représentants des institutions régionales, des partenaires techniques et des délégations nationales ont échangé sur les réalités des violences basées sur le genre (VBG) en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’objectif : dresser un état des lieux précis, identifier les défis persistants et définir des priorités d’action à porter au plus haut niveau politique.

L’OOAS en première ligne

L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), institution spécialisée de la CEDEAO, a pris une part active aux travaux. Son représentant, Dr Felix Agbla, a rappelé avec force que les violences basées sur le genre « constituent à la fois une violation des droits humains et un défi majeur de santé publique, compromettant l’égalité des sexes et le développement durable dans la région ».

Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité de transformer les engagements en actions concrètes, mesurables et durables. Pour l’OOAS, la réponse passe avant tout par le renforcement des systèmes de santé afin d’assurer une prise en charge intégrée et adaptée aux survivantes.

Des travaux structurés et multisectoriels

La réunion s’est articulée autour de sessions plénières et de groupes thématiques. Les discussions ont porté sur :

Les tendances régionales : évolution des cas de violences, zones les plus touchées, profils des victimes et des auteurs.

Les réponses institutionnelles : dispositifs existants dans les États membres, efficacité des lois et politiques publiques.

La coordination intersectorielle : articulation entre santé, justice, éducation et protection sociale pour une approche globale.

Cette méthodologie a permis de croiser les expertises et de dégager une vision commune. Les participants ont souligné l’importance d’une meilleure synergie entre les acteurs nationaux et régionaux, ainsi que la nécessité d’un suivi rigoureux des engagements pris.

Vers des engagements politiques forts

Au-delà des constats, la rencontre de Banjul visait à préparer le terrain pour le Forum des Premières Dames. Ce rendez-vous de haut niveau doit permettre d’obtenir des engagements politiques clairs et ambitieux en faveur de la tolérance zéro aux violences basées sur le genre.

Les experts ont ainsi formulé des recommandations stratégiques, parmi lesquelles :

Le renforcement des cadres législatifs et réglementaires.

La mise en place de mécanismes de protection et de prise en charge accessibles à toutes les victimes.

L’intégration systématique de la lutte contre les VBG dans les politiques de santé, d’éducation et de développement.

La promotion de campagnes de sensibilisation massives pour changer les mentalités et réduire la stigmatisation.

Une dynamique régionale en marche

Le SWEDD+, qui regroupe plusieurs pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, s’est imposé comme une plateforme essentielle pour l’autonomisation des femmes et la lutte contre les violences. En s’appuyant sur les Premières Dames, figures influentes et mobilisatrices, le projet entend donner une impulsion politique forte à cette cause.

La réunion technique de Banjul illustre cette dynamique : elle a permis d’aligner les expertises, de consolider les priorités et de préparer des actions concrètes. Les participants ont insisté sur l’importance de la redevabilité et du suivi, afin que les engagements ne restent pas lettre morte.

Un enjeu de droits humains et de développement

Au-delà des chiffres et des politiques, les violences basées sur le genre représentent une atteinte directe à la dignité humaine. Elles freinent l’égalité des sexes, compromettent la santé des populations et entravent le développement durable.

En Afrique de l’Ouest et du Centre, les conséquences sont multiples : traumatismes physiques et psychologiques, déscolarisation des filles, fragilisation des familles, perte de productivité économique. Face à ces impacts, la mobilisation régionale apparaît comme une urgence.

Banjul, un tournant décisif

La réunion technique des experts à Banjul n’était pas une simple rencontre préparatoire. Elle a posé les bases d’un engagement collectif et multisectoriel pour mettre fin aux violences basées sur le genre. En amont du Forum des Premières Dames, elle a permis de transformer les constats en propositions concrètes et de préparer des décisions politiques de grande portée.

En s’appuyant sur l’expertise des institutions régionales comme l’OOAS et sur la volonté politique des Premières Dames, l’Afrique de l’Ouest et du Centre se donnent les moyens d’avancer vers une tolérance zéro

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