Plateaux : mobilisation pour la protection des aires naturelles de Togodo et Amou Mono

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Par René DOKOU, le 26 Mars 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Sur instruction du Gouverneur de la région des Plateaux, Gal Dadja Maganawè, une réunion de sensibilisation sur la gestion et la protection des aires naturelles a été organisée mardi 25 mars 2026 à Notsè. Objectif : alerter et coordonner les acteurs locaux face à l’occupation illégale des complexes de Togodo et d’Amou Mono.

Les autorités renforcent la lutte contre les occupations illégales

Présidée par le Préfet de Haho, Awo Tchangani, la rencontre a rassemblé le Directeur régional de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique (DRE Plateaux), le Commandant Gbénin Kodjo Benjamin, ainsi que le Commandant Gbemou, conservateur du complexe de Togodo. Les élus locaux, chefs cantonaux, agents de l’agriculture, vétérinaires, éleveurs, forces de défense et leaders communautaires étaient également présents, aux côtés du coordinateur du projet PALCC, Atsri Honam, et de son équipe.

Pression croissante sur les ressources naturelles

Dans son mot d’ouverture, le Préfet Awo Tchangani a rappelé que cette rencontre répond à l’inquiétude exprimée par le Gouverneur des Plateaux face à la multiplication des occupations illégales dans les aires protégées de la région. Selon les informations du gouvernorat, ces zones subissent des empiètements agricoles et un pâturage non autorisé, avec des couloirs de transhumance installés à l’intérieur même des réserves.

Le Préfet a souligné que certains éleveurs recourent au pâturage nocturne pour échapper aux dispositifs de contrôle, une pratique jugée « grave » car elle menace directement l’intégrité écologique des sites.

« Ces aires relèvent du domaine public de l’État. Toute occupation, exploitation ou installation y est strictement interdite », a rappelé le Préfet, citant les directives du Gouverneur qui appelle à une réaction rapide et coordonnée des autorités locales pour garantir le respect des mesures de protection environnementale.

Sensibiliser et responsabiliser les acteurs

Parmi les actions prioritaires, le Gouverneur a demandé de convoquer les responsables d’associations d’éleveurs et les chefs de communautés pastorales pour les sensibiliser sur les règles en vigueur et engager leur responsabilité. « C’est la raison pour laquelle nous nous réunissons ici à Notsè », a expliqué le Préfet.

La réunion a été structurée autour de deux communications principales : la gestion de la transhumance et l’état de la faune dans les aires protégées.

Transhumance : une pratique ancestrale à encadrer

Le Directeur préfectoral de l’Agriculture a ouvert le débat sur la transhumance, soulignant son rôle traditionnel dans la mobilité des éleveurs et le maintien de la santé du bétail. Cette pratique permet de préserver les pâturages et points d’eau, surtout dans un contexte de changement climatique et de variabilité des pluies.

Cependant, la pression démographique, l’expansion des terres agricoles et la raréfaction des ressources entraînent des conflits entre agriculteurs et éleveurs, menaçant la cohésion sociale et la sécurité alimentaire.

« Il est crucial de promouvoir une gestion concertée de la transhumance », a indiqué le Directeur. Cela implique la délimitation de couloirs de passage, le respect des calendriers agricoles et l’instauration de mécanismes de dialogue entre acteurs. La sensibilisation via radios rurales, réunions communautaires et campagnes locales est également essentielle pour informer les éleveurs sur les bonnes pratiques et les règles en vigueur.

En conclusion, le conférencier a insisté sur le fait que la transhumance, bien qu’indispensable, doit être encadrée pour garantir un développement rural durable et harmonieux.

Faune et biodiversité : un patrimoine menacé

Le Commandant Gbémou, conservateur du complexe de Togodo, a présenté l’état de la faune locale et les défis auxquels elle est confrontée. Il a rappelé que ces aires protégées abritent des espèces emblématiques telles que les éléphants, antilopes, singes et une grande variété d’oiseaux. Cette biodiversité est essentielle pour l’équilibre écologique, le tourisme et les moyens de subsistance des communautés locales.

Le conservateur a identifié plusieurs menaces : braconnage, déforestation liée à l’agriculture et à l’exploitation du bois, et impacts du changement climatique perturbant les écosystèmes. « L’enjeu principal est la conservation durable de cette faune », a-t-il insisté, préconisant le renforcement des lois, la sensibilisation des populations et la promotion d’un écotourisme responsable.

Le Directeur régional de l’Environnement a rappelé que l’action concerne aussi l’aire protégée d’Amou Mono, située entre les préfectures de Haho et d’Ogou. Il a averti que des mesures fermes seront prises pour expulser les troupeaux et les installations humaines illégales conformément aux articles 122 et 125 du code forestier et aux articles 791 et 794 du code pénal.

Une mobilisation pour l’avenir

Cette réunion traduit la volonté des autorités locales et régionales de conjuguer développement rural et protection de l’environnement. La sensibilisation, l’éducation et la concertation avec les communautés sont identifiées comme des outils essentiels pour prévenir les conflits et garantir la préservation des ressources naturelles.

Le Gouverneur et les préfets ont ainsi réaffirmé leur engagement à faire respecter la législation sur les aires protégées et à mettre en œuvre des actions concrètes pour protéger les écosystèmes de Togodo et Amou Mono. La rencontre de Notsè marque le début d’une phase plus active, combinant surveillance, dialogue et mesures légales pour assurer la cohabitation harmonieuse entre activités pastorales et conservation de la biodiversité.

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