Par René DOKOU, le 09 Septembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo vient de franchir une étape décisive dans la lutte contre le changement climatique. Le 1er juillet 2025, le pays a officiellement lancé les Plans de développement régionaux (PDR), un outil novateur de planification territoriale impulsé par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Objectif : inscrire durablement l’adaptation climatique au cœur du développement et bâtir des territoires plus résilients et inclusifs.
Une planification territoriale tournée vers le climat
Les PDR constituent le prolongement direct du Plan national d’adaptation au changement climatique, actualisé en décembre 2024. Contrairement aux approches classiques, ils ne se limitent plus aux critères économiques ou démographiques. Ils introduisent une exigence nouvelle : intégrer systématiquement les vulnérabilités climatiques propres à chaque région dans les stratégies de développement.
Le processus, largement participatif, mobilise déjà les acteurs du secteur environnemental et les communautés locales. Chaque territoire dispose désormais d’un document d’adaptation régional, reflet de ses réalités socio-économiques, garantissant une résilience mieux ciblée.
Des financements à la mesure des ambitions
Pour accompagner cette orientation, le gouvernement a débloqué des financements sans précédent. Un budget de 305 milliards de FCFA est consacré au Plan d’adaptation et de gestion du Lac Togo, incluant la restauration écologique, la protection des écosystèmes et la mise en place de systèmes de surveillance environnementale.
Parallèlement, 25 millions de dollars US (soit environ 8,5 milliards de FCFA) soutiennent le renforcement des capacités locales et nationales en gestion des risques climatiques. Formations, outils de planification et dispositifs de réponse rapide aux catastrophes en sont les principaux volets.
À cela s’ajoute une enveloppe supplémentaire de 17 milliards de FCFA, issue du Fonds vert pour le climat, pour un projet quinquennal d’adaptation centré sur la résilience communautaire et la préservation des ressources naturelles.
Des actions concrètes sur le terrain
Ces financements se traduisent par des initiatives visibles. Outre le cadre juridique renforcé en matière de politique climatique, le pays a engagé une vaste campagne nationale de reboisement.
À fin août 2025, plus de 9 millions de plants avaient été mis en terre, couvrant 11 544 hectares. Au total, 21 millions de plants sont mobilisés pour porter la surface reboisée à 125 532 hectares. L’objectif, ambitieux, consiste à hisser la couverture forestière à 25 % du territoire national et à planter un milliard d’arbres d’ici 2030.
Cette stratégie vise à enrayer la déforestation, protéger les sols, améliorer la régulation hydrique et accroître la capacité des écosystèmes à absorber le carbone.
Une volonté politique assumée
Derrière ces avancées, se dessine une volonté politique claire. Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, entend dépasser les simples engagements internationaux pour mettre en œuvre une action climatique concrète, ancrée dans la réalité des populations.
Il s’agit de protéger en priorité les communautés les plus vulnérables, de sécuriser les moyens de subsistance et de bâtir un modèle de développement qui conjugue durabilité, inclusion et prospérité.
Vers un Togo plus vert et plus résilient
Avec les PDR, le Togo opère un véritable changement de paradigme. Les enjeux climatiques deviennent des leviers de planification territoriale et non plus de simples contraintes.
Ce choix stratégique inscrit le pays dans la dynamique des grands accords internationaux, en particulier l’Accord de Paris et les Objectifs de développement durable (ODD). Plus encore, il traduit une vision d’avenir : faire du Togo un État résilient, capable d’anticiper les chocs climatiques tout en garantissant un mieux-être durable à ses citoyens.
À travers cette gouvernance climatique renforcée, le Togo confirme qu’il n’est plus question d’attendre, mais d’agir. Et d’agir vite.
















