Togo : l’essor de l’aquaculture ravive l’espoir des pisciculteurs

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Par René DOKOU, le 27 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Confronté à la raréfaction des ressources halieutiques naturelles due à la surexploitation et à la pression démographique croissante, le Togo s’engage résolument dans le développement de l’aquaculture. Cette stratégie, portée par une volonté politique affirmée, vise à renforcer la sécurité alimentaire, à dynamiser l’économie locale et à offrir de nouvelles perspectives aux producteurs du secteur.

Un tournant stratégique pour la pêche togolaise

Au cœur de cette transformation se trouve un levier essentiel : la production et la distribution massive d’alevins de qualité. Ces jeunes poissons, indispensables à l’élevage piscicole, sont désormais fournis en grande quantité aux éleveurs, avec un accompagnement technique structuré.

L’alevin, fondement d’une filière durable

Dans l’univers aquacole, l’alevin joue un rôle central. Sa qualité conditionne à la fois la productivité des élevages et la rentabilité des exploitations. Conscient de cet enjeu, l’État togolais a multiplié les initiatives pour garantir un approvisionnement constant et fiable.

Ainsi, en 2024, ce sont plus de 8,8 millions de tonnes d’alevins qui ont été distribuées à travers les différentes régions du pays. Chaque zone a bénéficié d’un quota spécifique, ajusté selon les capacités locales et les besoins identifiés. Cette répartition équitable vise à favoriser une montée en puissance harmonieuse de la filière sur tout le territoire.

Des chiffres révélateurs d’un engagement fort

Le détail des distributions d’alevins illustre bien l’ampleur de l’effort consenti :

Lomé Commune : 44 157 tonnes

Région Maritime : 883 143 tonnes

Région des Plateaux : 6 623 571 tonnes

Région Centrale : 220 786 tonnes

Kara : 441 571 tonnes

Savanes : 618 200 tonnes

Ces chiffres témoignent de la volonté de couvrir l’ensemble du territoire, en tenant compte des réalités locales. La région des Plateaux, avec son fort potentiel, reçoit à elle seule plus de 75 % du total distribué, signe d’une priorisation stratégique.

Un accompagnement de proximité, gage de réussite

La distribution d’alevins ne constitue qu’une partie du dispositif. Pour assurer la pérennité des élevages, les autorités misent sur la formation continue et l’encadrement technique. Des sessions sont régulièrement organisées pour initier les producteurs aux meilleures pratiques : aménagement des étangs, alimentation adaptée, suivi sanitaire, gestion de la reproduction…

Les directions régionales de l’agriculture et de l’élevage jouent un rôle de premier plan dans ce suivi. Leur mission : garantir la survie maximale des alevins distribués et renforcer les compétences locales.

Un impact direct sur la vie des producteurs

Les résultats sont déjà palpables. De nombreux pisciculteurs témoignent d’une nette amélioration de leurs rendements, et donc de leurs revenus. L’accès facilité à des alevins de qualité leur permet de planifier leurs cycles de production avec plus de sérénité, tout en répondant à une demande croissante en poisson local.

« Avant, nous dépendions beaucoup des importations ou de la pêche en milieu naturel, qui n’était pas toujours fiable. Aujourd’hui, avec l’appui du gouvernement, nous avons les moyens de produire plus et mieux », confie Kossi A., éleveur dans la région de Kara.

Vers une souveraineté halieutique renforcée

Au-delà de l’amélioration des conditions de vie des producteurs, cette politique ambitieuse participe à la réduction de la dépendance alimentaire du pays. En stimulant la production locale, le Togo s’éloigne progressivement de la nécessité d’importer du poisson, souvent à coût élevé et de qualité variable.

Ce virage vers une aquaculture résiliente et inclusive s’inscrit dans une vision de long terme. Il marque un pas décisif vers la souveraineté halieutique et la valorisation des ressources locales.

Un modèle à consolider

Le Togo semble avoir trouvé une voie prometteuse pour revitaliser son secteur halieutique. En combinant soutien matériel, accompagnement technique et vision stratégique, le pays donne aux producteurs les moyens d’assurer leur propre développement, tout en contribuant à la sécurité alimentaire nationale.

L’enjeu désormais : maintenir cet élan, pérenniser les acquis et élargir encore davantage l’impact de cette dynamique. Car c’est à ce prix que l’aquaculture togolaise pourra pleinement jouer son rôle moteur dans le développement économique et social du pays.

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