Municipales : le gouvernement réduit la caution électorale

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Par René DOKOU, le 22 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)-  Le gouvernement togolais a officialisé la réduction de moitié du montant de la caution électorale, un geste salué comme une avancée significative vers une participation politique plus ouverte et inclusive. Cette mesure, issue des recommandations formulées par le Cadre Permanent de Concertation (CPC), vise à lever certaines barrières financières qui limitaient l’accès aux candidatures, notamment pour les femmes.

Le président du Conseil, lors d’un communiqué officiel, a annoncé la baisse de la caution exigée aux candidats aux élections locales. Celle-ci passe ainsi de 50 000 à 25 000 F.CFA pour les hommes, tandis qu’une réduction encore plus marquée est accordée aux femmes candidates, qui ne devront s’acquitter que de 12 500 F.CFA. Une décision qui marque un tournant symbolique et politique, au moment où le Togo cherche à renforcer sa démocratie locale.

Le président du CPC, Mohammed Tchassona Traoré, a salué « l’ouverture attentive » des autorités face aux propositions de la concertation. Pour lui, cette décision constitue une reconnaissance du rôle essentiel que joue le dialogue politique dans l’amélioration du processus électoral. Il a toutefois rappelé que d’autres défis restent à relever : « Cette avancée est encourageante, mais elle doit s’inscrire dans un mouvement plus large en faveur d’un cadre électoral transparent, équitable et consensuel », a-t-il déclaré.

La question de l’accessibilité aux candidatures a en effet longtemps été au cœur des préoccupations du CPC, qui regroupe partis politiques, société civile et représentants de l’État. La réduction des frais de candidature était l’un des points majeurs évoqués lors des dernières sessions de concertation, notamment dans le contexte des élections municipales à venir.

En parallèle, le gouvernement a également décidé de mettre fin à certaines pratiques abusives observées sur le terrain. Dans une circulaire adressée aux maires, il a été rappelé que le coût de l’attestation de résidence ne doit en aucun cas excéder 5 000 F.CFA, et ce, peu importe la localité. Cette clarification répond également à une doléance du CPC et vise à garantir l’égalité de traitement entre les citoyens.

Le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, a souligné que la carte d’électeur devrait suffire pour obtenir l’attestation de résidence. Cette précision vise à éviter toute interprétation erronée du code électoral et à empêcher l’exclusion indirecte de certains citoyens pour des raisons administratives.

Malgré ces évolutions positives, plusieurs points de tension demeurent. La classe politique, notamment l’opposition, reste en attente de décisions concrètes concernant la révision du financement public des campagnes électorales, jugé opaque et inéquitable, ainsi que sur la recomposition de la Commission Électorale Nationale Indépendante (Céni), dont l’impartialité est régulièrement remise en cause.

Dans un contexte où la préparation des élections municipales mobilise de plus en plus d’acteurs, y compris les partenaires internationaux comme le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), cette mesure gouvernementale apparaît comme une réponse attendue aux appels pour une démocratie plus inclusive. Le PNUD, de son côté, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur la faible représentation des femmes en politique, saluant toute initiative visant à lever les obstacles à leur participation.

À moins de deux mois du scrutin prévu en juillet, mais dont certains évoquent déjà un possible report, ces décisions pourraient renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral, à condition qu’elles s’accompagnent d’efforts soutenus sur les autres points de divergence.

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